Dwarf Fortress revient

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Le respect. C’est le sentiment qui nous envahi lorsqu’on regarde Dwarf Fortress. On ne le comprend pas forcément, on n’ose pas toujours y plonger, mais tout ceux qui l’ont fait sont quasiment unanimes : c’est un générateur de fun infini et renouvelable. Multiplié par trois.

Update : Et voilà la 0.40.02 qui corrige les bugs de la version précédente.

Update 2 : La version 0.40.03 vient de sortir, corrigeant encore quelques soucis.

Et l’aventure continue aujourd’hui avec la version 0.40.01, une consistante mise à jour qui vient de sortir, la première depuis deux ans. Sans surprise, tout ceux ayant touché au pain béni sont heureux, succès mérité. Développé par  Tarn Adams qui est épaulé par son frère Zach, ce jeu toujours en alpha fut régulièrement mis à jour depuis 2006 sur Windows, Mac et Linux. Souvent imité mais jamais égalé, Dwarf Fortress est un gouffre de complexité où l’on trouve une richesse de gameplay incroyable. La cerise sur le gateau ? C’est gratuit, les deux gaillards ne se contentant que de dons comme source de financement.

Vous avez déjà dû entendre la fameuse devise : « Losing is fun » . Perdre fait partie du jeu, que ce soit par ignorance des mécanismes ou après avoir croisé un danger bien trop grand pour soi. Dwarf Fortress ne se domine pas, il VOUS domine, mais sa richesse vous ‘invite à y revenir encore et encore. Il n’y a pas de chemin prédéfini vers la réussite et chaque évènement apportera des variations à votre manière de jouer. RPG ou gestion, le titre mélange les genres comme une soupe dans une marmite, donnant un potage au goût exquis de roguelike : ce que vous avez entrepris ne peut être défait. Si vous mourrez, tout est à recommencer. La prudence s’impose et l’expérience s’acquiert avec l’échec, qui peut arriver après une partie de plusieurs dizaines d’heures. La courbe de progression est abrupte.

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Illustration du Fun. Cliquez ici pour la voir au complet.

Le jeu propose trois déclinaisons différentes pour vous occuper :

  • « Fortress Mode » qui vous place à la tête d’une fière troupe de nain. Vous devrez ainsi gérer leur vie quotidienne afin qu’ils puissent survivre et se développer jusqu’à atteindre – si vous jouez correctement – plus de 300 individus, répartis sur une immense citadelle de plusieurs dizaines de niveaux. Vous ne contrôlez pas directement vos nains, vous leur donnez plutôt des ordres qu’ils effectueront selon leur envie et leurs besoins, gagnant de l’expérience au fur et à mesure qu’ils abattent leur travail automatisé. Mais vous devrez également veiller à la sécurité de votre petit peuple puisque les invasions de monstres, qu’ils viennent du monde extérieur ou des entrailles de la Terre, vous donneront du fil à retordre. Rajoutez à cela le fait que les évènements aléatoires sont fréquents, bénéfiques comme néfastes. Vous comprendrez donc que toutes les tâches gérées par les nains sont complémentaires et chaque petit dysfonctionnement peut entrainer une cascade de désastres, tout prévoir est donc essentiel.
  • « Adventure Mode » qui vous permet d’incarner un nain, un elfe ou un humain solitaire qui va explorer le monde qui l’entoure. Petit péon deviendra grand et tout un univers est à retourner pour y parvenir. Trésors dans les châteaux abandonnés, quêtes obtenues par des nobles ou des paysans, combat contre des gobelins ou des dragons. La courbe de progression est aussi longue qu’elle est jouissive. Un vrai RPG qui tiendra en haleine les plus exigeants d’entre vous.
  • « Legends Mode » n’est pas vraiment jouable à proprement parler mais plaira aux amateurs de lore et de background. Apprenez chaque évènement qui s’est passé dans votre monde en naviguant sur une carte, telle une vaste encyclopédie. Si vous avez opté pour un monde gigantesque et ancien, vous aurez de quoi lire. Chaque monde est créé selon des paramètres que vous avez décidé et réutilisable à volonté.  Par exemple, un nain que vous avez créé dans le mode Adventure peut très bien visiter votre forteresse.

Passons maintenant au point qui fâche. Le jeu est complexe jusqu’à l’apparence. Vous aimez l’art ascii ? Vous allez être servi. Regardons un peu à quoi ressemble Dwarf Fortress.

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Eh oui, ça pique les yeux. Chaque objet est représenté par un symbole pas toujours facile à deviner, la réponse ne se trouvant qu’en surlignant la curiosité. Le tout est alourdi par un contrôle qui n’est possible qu’au clavier, les touches qui sont difficiles à retenir de surcroit. Le jeu n’est pas facile à apprivoiser pour le nouveau qui débarque, il ne fait pas d’effort pour lui montrer comment jouer. Fort heureusement, des packs graphiques, des mods utilitaires et des tutoriels trainent en abondance sur le net. Le nec plus ultra étant le Starter Pack qui réunit l’indispensable pour tout ceux désirant un jeu user-friendly.

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C’est plus joli ainsi.

Dwarf Fortress se comprend via les textes, qui décrivent absolument tout ce qui est possible, révélant la richesse du jeu. Chaque personne a une apparence et un caractère qui lui est propre, raconté sur une fiche d’une longueur de trente lignes. L’intégralité du corps des créatures est représenté de l’oreille droite au petit orteil et les blessures sont décrites d’une précision qui vous ferait frémir le curseur. Le système de santé est une pépite dans le genre : vous pouvez avoir des difficultés respiratoires, des paralysies et fractures, mais aussi toutes les petites saloperies qu’un corps peut attraper. Nombreux sont les nains qui finissent unijambiste borgne avec les malus qui suivent, car rien ne repousse par magie. La liste est longue.

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Les frères Adams désirent ne vouloir se concentrer que sur l’aspect purement technique du jeu au détriment des graphismes. Leur aventure est loin d’être terminée, étant l’oeuvre de leur vie. Tarn a affirmé au début du développement de Dwarf Fortress en 2004 qu’il allait passer au moins une vingtaine d’années dessus pour le terminer. Cent features ont été prévues et ceux déjà intégrées sont chiffrées dans le numéro de version. La 0.40.01 célèbre donc son quarantième ajout majeur, les deux derniers numéros indiquant le nombre de bugs corrigés dans cette édition.

Mais que peut-on trouver dans la 0.40.01 ? Listons les principaux ajouts :

  • Le monde devient vivant en mode Legends, qui va évoluer au fil des différentes parties que vous ferez… Et qui affecteront les prochaines.
  • Les monstres légendaires peuvent attaquer les forts et y habiter, tel un Smaug dans Erebor.
  • Envie de passer à autre chose ? Il était déjà possible de mettre une forteresse à la retraite. Des regrets concernant le bon vieux temps passé dessus ? Vous pouvez désormais la récupérer… Si vous ne devez pas la reconquérir à la suite d’une invasion durant ce temps.
  • Votre réputation dans le mode Adventure se basera désormais sur des rumeurs, bonnes ou mauvaises. Si jamais le preux chevalier que vous êtes se fait prendre à faire un acte disgracieux, vous pouvez par exemple faire taire définitivement les témoins en les tuant. Les morts ne racontent pas d’histoire.
  • Les combats ont une dimension plus tactique en Adventure, chaque attaque peut être prédit selon vos compétences et réagir en conséquence. Si vous voulez changer votre manière de combattre, les modificateurs de frappe sont apparus (Rapide/puissante/etc) et vous pouvez attaquer plusieurs fois en un round en échange d’une pénalité de dégâts.
  • Le monde est peuplé d’êtres de conscience. Ils réagissent désormais en conséquence : chacun a sa sensibilité concernant un évènement, et exprimeront leur opinion par rapport à ça. Ils ont des espérances et des rêves, qu’ils peuvent concrétiser… à part celui de prendre le contrôle du monde.
  • Les conversations ont été refaites et disposent de plus d’options. Ils ne disposent plus de leur propre fenêtre, rejoignant le chaos des autres actions.
  • Pister des traces, grâce à Maj+K, et en avoir la description. Vous pouvez les suivre les plus fraiches facilement avec Alt+K.

D’autres choses en vrac : La possibilité de sauter, grimper ou sprinter pour tout les êtres vivants (oubliez vos forteresses entourées de murs), voyager à travers des tunnels, d’avoir un guide pour l’aventure, de faire des combats non létaux, des grosses plantes et arbres qui prennent plus d’un tile, le jeu qui avance de deux semaines entre chaque partie ou un début de génération procédural des objets… Le changelog s’étend et malgré des bugs, on ne peut que vous conseiller de repartir ou de commencer l’aventure avec cette 0.40.01.

Les dragons bleus sont nos meilleurs amis.