[EDIT] Lorsque Candy Crush pète un cable

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EDIT 24/01 : King s’était déjà illustré en 2009 à propos d’un jeu plagié : il s’agissait de Scamperghost, un mini-jeu dans l’univers de Pac-Man réalisé par deux développeurs indépendants. Approchés par King pour éditer leur jeu, les deux developpeurs Matthew Cox et Nick Bray ont finalement décidé de ne pas donner suite, ayant reçus une meilleure proposition de MaxGames.com. Qu’à cela ne tienne, King s’est débrouillé pour faire réaliser Pac-Avoid, un clone parfait, et le publier avant Scamperghost ! Notez au passage le mot « Pac », référence directe à Pac-Man, une marque déposée. « Marque déposée », ça ne vous rappelle pas une histoire, ça ? Récit complet, preuves et images sur le site de Matthew Cox : Junkyardsam.

EDIT 22/01 : Kotaku nous informe que les escrocs de chez King comptent aujourd’hui s’en prendre à The Banner Saga, cette fois-ci pour le mot saga. On n’arrête pas le progrès. Ils osent en plus décrire The Banner Saga comme « similaire » dans son gameplay à Candy Crush Saga. A bientôt pour le prochain rebondissement, lorsqu’on attaquera les gens qui mangent des bonbons ou ceux qui chantent « Saga Africa ». Ou peut-être même SEGA pour l’utilisation des lettres S, G et A.

EDIT 21/01 : Cette tentative de brevetage est globalement mal vue, comme en témoigne la création d’un Candy Jam se voulant très fortement moqueur, et invitant les développeurs à créer un jeu sur le thème « Candy ». Vous pouvez même utiliser Scroll, Memory, Saga ou Apple ! On apprécie beaucoup la moquerie, merci donc à Caribou et T-Wave pour cette excellente initiative.

Candy Crush, c’est peut-être fruité, mais il y a un certain nombre de réalités qu’il faut garder à l’esprit.

L’un des membres de votre famille joue à Candy Crush Saga. Il est très probable que votre mère y joue. Il est très probable que votre soeur ou votre frère y joue également. Et qui sait, peut-être que vous-même jouiez, ou du moins ayez joué à Candy Crush. Le jeu, dont les droits reviennent à King, est un véritable rouleau compresseur. En l’espace de quelques mois, le groupe a connu un succès fou et sa petite pépite d’or est rapidement devenue grande, générant plus de 500 000 dollars par jour. Candy Crush Saga, c’est presque un milliard de téléchargements, quelques centaines de millions de parties par jour et des millions de ménagères « hype » séduites. Candy Crush, c’est devenu plus qu’un jeu, c’est une icône capitaliste du jeu vidéo.

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Avant d’en venir au coeur du sujet, bref retour sur les raisons d’un tel succès. Candy Crush est un jeu de réflexion relativement simple ayant basé la plupart de ses mécaniques sur celles du célébrissime Bejeweld, qui passe pourtant au second plan, se trouvant malgré lui dans l’ombre d’un tel succès. Comme quoi, parfois, la rançon du succès c’est de ne plus en avoir. Le principe de ce « jeu sucré » est donc d’aligner des bonbons d’une même couleur pour marquer un maximum de points et ainsi progresser dans les niveaux. Si vous serez à l’aise au début, c’est après quelques centaines de parties que la difficulté pointera le bout de son nez, vous incitant ainsi à sortir votre porte-monnaie pour acheter des « vies » afin de pouvoir rejouer tout de suite. Autrement, il faudra attendre une demi-heure entre chaque nouvel essai. Candy Crush, c’est un jeu gratuit basé sur un système Pay-to-win savamment calibré pour maximiser les profits. Et étant donné que le jeu est, en plus d’être simple, affreusement addictif, il parvient à réunir des millions de joueurs chaque jour. Les bénéfices, quoi qu’on en dise et même un an et demi après la sortie du jeu, sont toujours là, si bien que le groupe King multiplie les tentatives d’en faire encore plus.

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Oui car là, on parle de King, l’un des plus gros groupes capitalistes du jeu mobile, ceux qui balancent des canettes de boissons énergisantes à la Gamescom et qui hurlent au mégaphone pour écraser les stands voisins. On prend la peine de vous en parler car, techniquement parlant, la société est indépendante, mais n’a absolument rien à envier des plus gros AAA. King a tout d’abord essayé de faire sa propre marque de bonbons étroitement liés à la licence vidéoludique éponyme, a souhaité entrer en bourse, puis a sorti pléthore de jeux mobiles, encore récemment, avant d’en arriver au dernier épisode en date. Accrochez-vous ! Si l’ascension de King faisait déjà débat auprès des joueurs et créateurs du milieu, le débat s’intensifie aujourd’hui suite à l’annonce fracassante de la dernière tentative de King : celle de déposer un brevet, une marque, sur le mot « Candy », bonbon en anglais. Les développeurs de jeu vidéo dont les créations contiennent le mot suscité sont donc contraints par Apple, sous l’égide de King, de changer leur nom, sous peine d’être poursuivis et condamnés verser une somme non négligeable. Le dépôt a été validé par le U.S Patient & Trademark Office hier, mais c’est dans une trentaine de jours, délai accordé à quiconque souhaiterait s’opposer à ce dépôt, que la chose sera officialisée.

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Ces tentatives de limiter la créativité de chacun, et surtout des indépendants, pour faire un plus gros chiffre d’affaire sont tout bonnement outrageuses et doivent être dénoncées. Les mots n’appartiennent à personne, et personne n’est en droit d’en revendiquer une quelconque propriété, même avec un bagage de quelques milliards de dollars. La pratique est d’autant plus malhonnête qu’ils auraient pu déposer le mot « Saga » (ce qui aurait été tout aussi bas), mais ont souhaité s’approprier le mot « Candy » à la place. Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires et à partager cet article. La fièvre du bonbon, c’est bien, mais pas si celle-ci commence doucement mais sûrement à se transformer en nausée.

Dans la vie, je m'ennuie. Du coup, j'écris des bêtises sur des jeux qui n'intéressent personne. Pour suivre mes aventures, ça se passe sur Twitter. Tu peux boire mes paroles, mais évite de t'étouffer.