Thumper, même pas peur

Indius-Thunder-ba

Au sortir de la GDC, on découvre ou redécouvre pas mal de projets et le paysage indépendant s’éclaircit toujours un peu plus. Manque de bol, un jeu comme Thumper risque plutôt d’effrayer les joueurs.

Le jeu musical, souvent altéré mais rarement dégradé, est assez présent sur la scène indépendante. Qu’ils soient procéduraux, narratifs voire les deux (Symphony en est un très bon exemple), les jeux de rythme indépendants les plus cités sont souvent d’assez bonne facture. Aussi, lorsque Brian Gibson et Marc Flury, deux vétérans du milieu, travaillent sur un projet depuis plus de cinq ans, on demande à voir. Il est tout à fait normal de ne pas connaître ces deux lurons, mais leurs noms ont souvent orné les génériques de fin que vous ne lisez jamais. Marc Flury, par exemple, était programmeur sur The Beatles : Rock Band et les deux Dance Central. Brian est quant à lui bassiste du groupe Lightning Bolt et a travaillé en tant qu’artiste avec Harmonix sur Guitar Hero, Rock Band et Fantasia. Y’a pire, comme CV.

Le train-train de la vie suivait son cours pour Marc et Brian, jusqu’à ce qu’ils subissent les effets secondaires d’un mauvais trip sous acide. « Woah, t’as vu ces couleurs ? », « On doit en faire un jeu », « L’appartement fond, mec ». Résultat du délire : Thumper, un voyage musical bizarre entre le jeu de rythme et l’écran de veille. On y contrôle une coccinelle du futur (ou un cafard en acier ?) qui se déplace le long d’un rail à pleine vitesse. Lorsque les notes nous arrivent sur la tronche, il faut appuyer sur une touche ou combinaison correspondante pour continuer à avancer. Si on rate ces QTE, on meurt et on recommence quelques secondes plus tôt. C’est simple, mais au moins ça fonctionne. Le but, c’est tout bêtement d’anéantir la grosse gueule enflammée qui vous nargue.

Cette simplicité permet d’ailleurs de ne pas perdre le joueur, qui peut ainsi se focaliser sur le style graphique du jeu, et fait selon moi tout son sel. On a rarement vu de telles formes dans un jeu de rythme, et les objets animés en arrière-plan ont de quoi mettre mal à l’aise, surtout avec pareille musique dans les oreilles. Gaspar Noé n’a qu’à bien se tenir, après tout. Il ne manque plus qu’un support Oculus Rift, deux ou trois gouttes, un casque vissé aux oreilles et vous voilà parfaitement capable de mettre hors d’état de nuire n’importe quel épileptique. Pour cela, il faudra attendre « le moment où il sera terminé » pour y jouer sur « les plateformes où on pourra y jouer », dévoilent très sérieusement les développeurs sur le site officiel de Thumper. Polygon a pu les approcher et montre 3 minutes de gameplay inédit pour l’occasion.

Dans la vie, je m'ennuie. Du coup, j'écris des bêtises sur des jeux qui n'intéressent personne. Pour suivre mes aventures, ça se passe sur Twitter. Tu peux boire mes paroles, mais évite de t'étouffer.