Captain Forever Remix

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Captain Forever, c’est un jeu phare de la scène indé en 2009. Jouable gratuitement sur navigateur, cette création de Farbs s’inspire largement de la légende d’arcade Asteroids et du plus récent Battleships Forever. Après le flop des épisodes qui ont suivi, on voit aujourd’hui surgir Captain Forever Remix non pas réalisé par Farbs mais par Pixelsaurus Games (Dean Tate), aidé par Future Crayon (Brian Chan, au code) et avec Danny Baranowsky pour le son. Le modèle de distribution devient plus classique, le jeu étant déjà disponible en Accès Anticipé sur Steam.

 

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Le Soleil est congelé

Cette fois, les enjeux sont immenses : King Kevin a pris le contrôle de tout le Système solaire, vandalisant chaque astre à coups de crottes de nez et de chewing-gum jusqu’à Pluton. Seul Captain Forever pourra l’empêcher de s’en prendre à la galaxie entière. En fait, toute cette histoire prendra sûrement fin à l’heure du dîner, parce que c’est le jeu de Kevin et de sa sœur Natalie, fans des aventures animés de Captain Forever. C’est donc dans une ambiance bon enfant que se déroule ce Remix, bien loin de l’austérité du jeu original. Chaque partie est entrecoupée de vannes que se balancent les deux rigolos, dignes des meilleures punchlines qui sont sorties à la fête d’anniversaire de vos 10 ans. Même les sbires de King Kevin y vont de leurs petites provocs.

La direction artistique a aussi été largement revue, et propose désormais des explosions de couleurs dans un style très cartoonesque. Le design des personnages est assez délirant, nous faisant rapidement retomber en enfance, tout comme les jolis arrière-plans qui illustrent gaiement les petites blagues faisant écho aux dialogues. Les morceaux de vaisseaux restent quant à eux plutôt fidèles à l’original avec leurs couleurs fluos mais se retrouvent tout de même lissés et arrondis. Coté musical ça sent bon les années 90 grâce à des thèmes enjoués et très plaisants pour la plupart. On aurait néanmoins aimé les trouver en plus grand nombre, et peut-être plus débridés. On pourra aussi regretter l’absence de doublages, qui auraient pu rendre les dialogues plus poilants. En règle générale ce Remix détonne clairement avec le premier Captain Forever, mais il ne faut pas être allergique aux bombardements de couleurs.

 

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Space Opera pour les nazes

Esthétiquement Captain Forever Remix n’a plus rien à voir avec son aïeul bien que le concept du jeu n’ait quant à lui pas changé. Nous avons toujours affaire à un shoot’em up (sans scrolling forcé ni unidirectionnel)  dont la particularité est que les vaisseaux sont entièrement constitués de modules que l’on attache ou détache à la souris. Seul le cœur du vaisseau fait office de structure fixe, et sa destruction est synonyme de défaite. De même, la destruction du cœur d’un vaisseau adverse le fait exploser, ce qui libère par la même occasion ses modules, que l’on peut alors recycler sur le nôtre. Il est ainsi possible après quelques combats gagnés de construire tout type de vaisseau, en privilégiant à l’envi la puissance de feu avec des armes, la vitesse de pointe avec des moteurs ou encore la facilité avec laquelle le navire va pivoter. Cette folie créative est tout de même limitée par le poids de chaque module, puisqu’un vaisseau trop lourd ou mal équilibré sera très difficile à manier efficacement face à des extraterrestres enragés.

Ne serait-ce donc qu’une refonte graphique ? Vous entends-je demander depuis votre astéroïde personnel. C’est vrai que les nouveautés apportées au gameplay par Pixelsaurus sont légères, mais elles sont quand même intéressantes. Là où Captain Forever premier du nom prenait la forme d’un rogue-like avec ennemis aléatoires et mort permanente, notre Remix dérive vers le rogue-lite avec des kits de départ (pour construire un premier vaisseau) à débloquer et à améliorer d’une partie à l’autre. L’ajout du périple à travers le Système solaire donne lieu à une succession d’environnements, avec une progression de la difficulté plus claire : il faut détruire un vaisseau de niveau supérieur pour pouvoir passer à la planète suivante (oui, Pluton n’est pas une planète blabla). Enfin, un petit détail amusant permet d’obtenir un bonus en réglant son compte à l’épouvantail vivant qui nous a abattu lors de la partie précédente. De quoi concurrencer Shadow of Mordor et Bloodborne, au moins.

 

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Loser Forever

Néanmoins, Dean Tate aurait dû mettre un peu plus les mains dans le cambouis puisqu’on retrouve de nombreuses faiblesses dans le gameplay de Captain Forever Remix. Tout d’abord, l’Intelligence Artificielle est particulièrement radicale : elle ne cherche qu’à vous avoir en ligne de mire et ne s’inquiètera pas le moins du monde de se faire ruiner sous l’impact de vos lasers et missiles. Ce comportement kamikaze se relève d’autant plus gênant que l’augmentation en puissance des armes est abrupte et inégale. De petites erreurs de pilotage (qui arrivent si vite tant notre vaisseau n’est pas un modèle d’équilibre) se concluent ainsi souvent sur la destruction quasi instantanée d’un bon tiers de notre engin. Quelques soucis auxquels il faut ajouter une construction du vaisseau assez laborieuse, que ce soit à cause de la démolition trop systématique des modules ou de leurs statistiques pénibles à lire.

Ne fuyez pas tout de suite ! Le jeu en est encore au début de son Accès Anticipé et la petite équipe qui est derrière aura sans doute le temps de corriger ces erreurs. La solution est peut-être même plus simple, et tout bêtement consister à rendre le jeu plus accessible. Avec un vaisseau plus agile et une puissance de feu légèrement supérieure à celle des ennemis, Captain Forever Remix pourrait mieux exploiter son concept, qui a moyen de devenir très fun. En mettant à la portée du joueur la construction de vaisseaux plus gros et donc plus rigolos, on aurait des combats moins fastidieux et plus d’explosions ! De quoi enfin ressembler à ce que veut nous vendre le studio via les trailers. Cela rendrait aussi le jeu plus cohérent avec son univers très dessin animé, et le distinguerait avec plus d’audace du Captain Forever original qui se montre un peu trop sérieux. Un mode multijoueur et un mode libre pour laisser cours à notre folie créative seraient également bienvenus, mais ne nous emballons pas trop vite : la communication ne semble pas être le fort des développeurs qui se contentent pour le moment d’annoncer “travailler à rendre le jeu meilleur”.

Impressions

Impressions Captain Forever Remix : Moyen Moyen

Les dessins animés des années 1990 : voilà l'inspiration qui a accompagné Pixelsaurus Games pendant la création de Captain Forever Remix. Tout l'esthétisme du titre a été retravaillé à coups de pinceaux pleins de sucre, et son nouvel univers déjanté rafraichit agréablement le concept. Pourtant le gameplay comporte encore de nombreuses tares, on ne le conseillera donc que lorsque des corrections auront été apportées.

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