[PGW2014] Goetia

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Au sein de la Paris Games Week se trouvait un titre qui tranchait avec la frénésie ambiante : Goetia. Alors que tout le monde criait à tout va sur l’espace Made in France, le stand de Goetia apparaissait au loin comme une bulle de calme. Il faut dire que ce point’n click d’un genre particulier se prêtait totalement à l’immersion, surtout avec le casque audio qu’on vous vissait sur la tête dès votre arrivée.

 

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Fantôme de jeunesse

Au cœur d’une nuit faite d’un noir d’encre à peine diluée par le blanc laiteux d’une lune timide se trouve un arbre solitaire surplombant une ancienne tombe. Subitement, une boule de lumière s’en échappe et se stabilise doucement à coté de la sépulture. Quelques monologues plus tard, il semblerait que l’on incarne cette sphère lumineuse qui est en fait le fantôme d’une jeune fille prénommée Abigail Blackwood, décédée il y a presque 40 ans et enterrée près du manoir familial à priori abandonné. Pourquoi est-elle morte ? Et surtout, comment se fait-il qu’Abigail ait été rappelée sous forme de fantôme ? L’aventure de Goetia et ses mystères commencent ici.

 

Un point’n click différent

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Développé par le studio français Sushee (spécialisé dans l’advergame) en collaboration avec l’artiste Moeity, Goetia entend jouer avec les règles établies du point’n click. La démo que nous avons pu essayer à la Paris Games Week nous permettait d’explorer une partie du manoir dans lequel Abigail avait passé son enfance et une des choses qui frappe dès les premières minutes de jeu, c’est tout simplement l’absence d’inventaire ou d’un quelconque menu. Vous êtes un fantôme et un fantôme ça ne porte pas de sac à dos. En réalité, l’inventaire c’est vous puisqu’Abigail dispose de certains pouvoirs et notamment celui d’incarner des objets. Il devient alors possible de déplacer physiquement ces objets afin de les emporter dans d’autres pièces et ainsi résoudre quelques énigmes ou bien de déclencher des événements… démoniaques.

 

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Toi qui entre ici, abandonne toute espérance

Tant qu’Abigail n’incarne pas un objet, elle peut traverser librement les murs du manoir. Pourtant, certaines cloisons restent hermétiques au passage du fantôme et laissent apparaître des signes ésotériques inquiétants. Les initiés aux arts occultes que vous êtes l’auront peut-être déjà remarqué, le nom du jeu lui-même définit l’un de ces arts : la Goétie, l’invocation de démons. Partant de ce constat, il devient de plus en plus évident que le manoir n’est pas aussi vide qu’il n’y paraît et l’on rencontra d’ailleurs un peu plus tard le premier démon de Goetia, qui nous expliquera que d’autres de ses congénères sont piégés dans la demeure sans réellement savoir pourquoi. Triple mission pour Abigail : découvrir la raison de son rappel sous forme de fantôme, ce que sont devenus ses parents et comprendre pourquoi toute une ribambelle de démons se retrouve coincés dans le manoir.

 

Exploration contemplative

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Goetia est donc un point’n click propice avant tout à l’exploration contemplative. De pièces en pièces, le jeu nous invite à retracer les derniers moments de vie de la famille Blackwood via toutes sortes d’objets qu’il est possible d’examiner afin de faire parler les souvenirs d’Abigail. La démo était relativement courte et assez difficile, rapport à un système de jeu qui se cherche encore (et surtout à l’ambiance survoltée de la Paris Games Week qui transperçait le casque audio) mais les développeurs promettent plus d’une centaine de salles et quelques univers différents (forêts, catacombes…). Petite subtilité qui ajoute ce cachet si réaliste à l’ensemble : les graphismes du jeu sont réalisés par Moeity à partir de photos, le tout étant ensuite découpé et modifié sur un logiciel de traitement d’image pour recréer des tableaux cohérents.

Impressions

Impressions [PGW2014] Goetia : Bon Bon

Goetia est une belle surprise dans le petit monde des point't click. Original dans son histoire comme dans sa manière d'aborder et de transformer les codes du genre, le titre de Sushee est bien parti pour nous livrer une bonne aventure malgré le coté un peu austère (mais réussi) de ses graphismes et de son univers. Ayant récolté de bons retours sur la plate-forme Collective de Square Enix, l'équipe de Goetia semble d'abord vouloir se diriger vers un plan de financement non pas sur IndieGogo ou Kickstarter mais en se tournant du coté du CNC et de son Fonds d'Aide au Jeu Vidéo. Rendez-vous dans quelques temps pour signer votre contrat avec le Démon.

Je mange casual, je chie arcade, je dors indé.