Infinifactory

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Vous ne connaissez peut-être pas Zachary Barth, et pourtant c’est lui qui a mené Notch à la création de Minecraft grâce à son jeu Infiniminer qui a posé les bases de l’environnement tout en voxels. C’est également lui qui en 2011 sort SpaceChem, un jeu de réflexion en 2D encensé pour ses mécaniques claires et ses puzzles intelligemment retords, dans lequel on doit manipuler des molécules. Comment lui reprocher alors d’avoir combiné ses deux jeux phares pour présenter Infinifactory, en bénéficiant judicieusement de son Accès Anticipé ?

 

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Le huitième ouvrier

Infinifactory commence lors d’un jour pas banal, celui de notre enlèvement par des extraterrestres. Pour ne pas trop chambouler notre quotidien, ces derniers vont alors nous demander de travailler dans leurs usines, en bon petit citoyen actif. Notre nouvel emploi consiste en une succession de puzzles en vue à la première personne, dont le but sera à chaque fois de concevoir une chaîne de production. Pour cela des contrôles simples et intuitifs (poser, tourner, supprimer) nous permettent de disposer de divers outils cubiques tel que le tapis roulant, le piston ou les soudeurs. Pour voir tout ça en action, appuyer sur le gros bouton rouge suffit à faire entrer les matières premières qui, si tout se passe bien (après vingt-sept essais donc), viendront s’assembler pour former l’objet final demandé. Allez suivre une formation un minuscule tutoriel et c’est parti.

 

Intérim Simulator

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Dans la veine de son prédécesseur SpaceChem, Infinifactory est délicieusement difficile grâce à un level-design qui relève du génie, tant il est simple et intéressant. Le début et la fin du parcours sont déjà en place mais les possibilités offertes pour les relier sont infinies. Il ne tient qu’au joueur d’imaginer les combinaisons qui permettront d’obtenir le produit fini, ce qui n’est jamais facile avec toutes les contraintes mécaniques et de timing à prendre en compte. De plus, il faut garder à l’esprit qu’au moins dix objets doivent arriver à bon port. Quand vous aurez validé votre solution, vous pourrez vous en satisfaire immodérément grâce au très cool générateur de .gif inclus dans le jeu. Pourtant vos ardeurs seront vite tempérées en comparant votre score à celui des autres joueurs (basé sur la longueur du parcours et le temps écoulé) : l’optimisation est encouragée et offre une seconde vie au jeu. D’abord parce que vous aurez de nouvelles idées, mais aussi parce que les nouveaux outils obtenus peuvent être utilisés pour améliorer les solutions des puzzles précédents (qui sont sauvegardées automatiquement).

 

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Roger, extraterrestre, ingénieur

Oui, le jeu est difficile et mettra vos talents d’ingénierie à rude épreuve, mais notre bon Zach s’assure que le plaisir n’en pâtisse pas, notamment grâce à un tout petit sondage proposé après chaque puzzle. Plus généralement, il donne de la voix à la communauté via un subreddit en vue de bonifier Infinifactory qui, explique-t-il, aurait déjà pu sortir en tant que jeu complet. Ainsi, on a parfois droit à de nouvelles features (à l’image de la manipulation d’un ensemble de blocs, demandée par les joueurs) et à des mini campagnes (7 puzzles pour la première d’entre elles) qui viendront s’ajouter à la campagne principale (30 puzzles). En attendant on pourra aussi compter sur un mode libre et un éditeur, couplé au Workshop de Steam pour faire les choses bien. Le jeu est disponible en Accès Anticipé pour un peu plus de 20 euros sur Steam et sur le Humble Store, un prix qui ne devrait pas changer à la sortie, prévue pour les prochains mois. Comme toujours, rien ne nous empêche donc de patienter jusque-là, même si on est assez confiants pour le futur de Infinifactory qui est déjà très satisfaisant.

Impressions

Impressions Infinifactory : Très Bon Très Bon

Travailler à l'usine, c'est rigolo. D'accord, on ne revient pas de Infinifactory avec les mains sales et calleuses, mais quand même épuisés après les séances d'intense réflexion dirigées par de joufflus extraterrestres. Et on en redemande, captivés par des mécaniques simples, claires et intuitives servies par un level-design génial et qui cède une grande liberté dans la résolution des puzzles. Encore en Accès Anticipé, le jeu est déjà très fun et on oublie vite ses petits défauts, comme le scénario anecdotique et la modélisation parfois hasardeuse.

Bientôt, des chèvres à l'uranium vont nous forcer à fuir dans l'espace. Pour éviter ça, mange des bananes et dis à ta mère de me suivre sur Twitter. Fais-moi confiance, je viens du futur.