Magicite

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Magicite avait fait parler de lui en octobre dernier, lors de son arrivée sur Kickstarter. Réunissant seize fois la somme demandée, le projet de Sean Young a depuis continué son bonhomme de chemin avant d’arriver sur Steam la semaine dernière en Early-Access. Nous avons pu mettre la main sur cet étrange titre et vous livrons aujourd’hui notre avis à son propos.

Dans Magicite, vous incarnez un aventurier dont la terre natale a été foulée et détruite par une force démoniaque répondant au nom de The Scourge. Les habitants de l’Overworld furent donc contraints de se réfugier sous terre afin de rester en vie. Comprenant progressivement les rouages du monde souterrain qui leur sert à présent de domicile, vos contemporains fondèrent une nouvelle société basée sur la puissance d’une ressource aux vertus inespérées : le Magicite. Armé de… finalement pas grand chose, vous vous aventurez de plus en plus profondément dans le Deephaven, en quête de Magicite et bien décidé à éradiquer la monstrueuse menace qui pèse sur vous.

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Nous voilà donc à l’écran de création du personnage, qui permet toutes les facéties imaginables et applicables à votre petit héros. Son look et son nom pourront être modifiés, mais le reste tient de l’aléatoire. En cliquant sur « Stats », vous chargerez de nouvelles caractéristiques pour votre personnage (attaque, santé, dextérité et magie) ainsi que deux traits modifiant considérablement l’expérience de jeu. Le choix des caractéristiques de son personnage constitue déjà un premier choix de spécialisation dans le monde majoritairement aléatoire de Magicite. Il serait en effet fâcheux de partir avec un personnage disposant de bonus dans la création de potions et la récolte d’ingrédients, pour finalement le jouer comme un guerrier bourrin écrasant tout sur son passage. Il est également possible de sélectionner une classe de personnage, modifiant ainsi ses caractéristiques de départ. Il nous est garanti que ces classes seront plus nombreuses au fil du développement, et que l’on pourra aussi associer à notre personnage un dieu lui apportant bonus et malus dans certaines situations. Allez, une fois le personnage terminé, on se lance dans la partie.

Les environnements sont très variés.

Les environnements sont très variés.

« Be prepared to die… A LOT », nous dit le développeur de Smashgames sur la page Steam de Magicite. Force m’est de constater qu’il ne se payait pas notre tête, je suis mort dans les trente premières secondes de jeu sans en comprendre la raison. Le premier et, à mon sens, plus important des préceptes de Magicite est de ne pas s’attacher à son personnage. En dépit des inspirations (Monster Hunter, Minecraft, Terraria…), le jeu reste un rogue-like pur et dur dans lequel la mort est définitive et particulièrement frustrante. La première interrogation légitime qui peut venir à l’esprit concerne cet inédit mélange des genres. En effet, comment est-il possible de faire coïncider des mécaniques de Monster Hunter et Terraria (des jeux basés sur la progression et l’amélioration lente de notre personnage/monde) à un esprit rogue-like où la mort et la rejouabilité règnent en maître ? Sean Young serait-il fou ? Ma foi, il semblerait que oui. Il a non seulement eu le culot de le faire, mais l’a fait avec brio.

A la fin de chaque zone, vous choisissez l'une des trois portes vous menant vers la suivante.

A la fin de chaque zone, vous choisissez l’une des trois portes vous menant vers la suivante.

Le principe n’est pas compliqué. Pour être honnête, avant même d’avoir vu les inspirations de Sean, je me disais en jeu que Magicite est un parfait mélange de Terraria et Spelunky, deux excellents titres dont les mécaniques de core gameplay ont ici été superposées pour donner une expérience à la croisée de deux genres de prime abord inconciliables. Le monde dans lequel apparaîtra votre avatar est généré aléatoirement, des biomes aux monstres en passant par le contenu des coffres. Chaque étage correspond à un biome différent (déjà six ou sept biomes variés, et dix de plus sont à venir), et la difficulté s’accroît au fil de votre descente. Vous progressez ainsi dans des zones qu’il vous faudra exploiter en vue d’évoluer. Ramasser du bois, récolter de la roche et des minerais et faire des potions, c’est génial. Le seul souci, c’est que le Scourge viendra vous botter l’arrière-train à coup de 9999 dégâts si vous vous éternisez dans un biome… tout comme dans Spelunky. Passer son temps à faire évoluer son équipement n’est peut-être donc pas la meilleure des solutions si l’on souhaite survivre, mais foncer dans les ennemis à poings nus n’est pas foncièrement plus raisonnable. Il faudra donc mourir une paire de fois afin de dompter le rythme d’un jeu aussi particulier que Magicite.

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Rien de tel qu’un village pour se reposer un peu.

Afin de ne pas se laisser dominer par la surprenante difficulté de Magicite, il faut se fondre dans un système de jeu basé sur la fabrication d’objets. Les ressources collectées vous servent, une fois savamment associées, à élaborer de nouveaux outils et armes décuplant vos points de caractéristiques et votre puissance d’attaque. Sans cela, vous n’irez pas bien loin. Le système de craft est dynamique dans l’idée, puisqu’il peut être utilisé n’importe quand à partir d’un simple « Shift+clic » dans l’inventaire, mais c’est dans la cumulation qu’il s’avère un peu contre-intuitif, cassant le rythme que vous impose le jeu en vous forçant à fabriquer, par exemple, une poignée de hache, pioche, puis une lame, puis l’association des deux pour finalement faire une simple pioche en bois qui sera rapidement remplacée par son homologue en pierre. Fort heureusement, l’or que vous amasserez sur les monstres vous sert à acheter des objets aux marchands peuplant les villages disposés systématiquement entre chaque biome.

Les boss vous donneront du fil à retordre.

Les boss vous donneront du fil à retordre.

Tout cela est corroboré à un certain nombre de mécaniques RPG ajoutant de la profondeur à l’expérience globale. Tuer des monstres vous apporte de l’expérience qui servira tous les dix niveaux à choisir une spécialisation amenant un pouvoir spécial à la puissance non négligeable. Evidemment, chaque niveau augmente également vos capacités passives. Pour récupérer un maximum d’or et d’expérience, il faut se risquer au rictus intimidant des boss et mini-boss, ponctuant de manière aussi aléatoire qu’inattendue vos sessions de jeu. Le combat se montre parfois risqué, mais la récompense en équipement magique, or et expérience en vaut souvent la chandelle.

En se risquant au mélange de deux gameplays considérés comme radicalement différents, Sean Young réussit un pari osé et est en passe de donner naissance à l’un des titres les plus marquants de cette année. Le contenu est aussi conséquent qu’intéressant, sans compter que la somme récoltée sur Kickstarter devrait amener bien plus. Le gameplay est une réussite, le style graphique pixelisé est maîtrisé et les musiques collent parfaitement à l’ambiance du titre. Magicite n’en est qu’à ses débuts, mais a déjà un énorme potentiel dont il serait dommage de se priver pour seulement 8.99€ sur Steam. Sur ce, je retourne jouer.

Impressions

Impressions Magicite : Très Bon Très Bon
Dans la vie, je m'ennuie. Du coup, j'écris des bêtises sur des jeux qui n'intéressent personne. Pour suivre mes aventures, ça se passe sur Twitter. Tu peux boire mes paroles, mais évite de t'étouffer.