Underrail

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Underrail c’est un peu comme un gâteau de grand-mère : de loin ça n’a franchement pas l’air top mais une fois en bouche, c’est le paradis sur Terre. Si le jeu de Stygian Software n’a pas pour vocation de titiller nos papilles gustatives, il va en revanche tester notre faculté à survivre en milieu souterrain et à tuer efficacement notre prochain.

 

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Fallout, c’est toi ?

On ne sait pas vraiment dans quelle époque se situent les événements d’Underrail. Suite à une catastrophe ou à une guerre, une partie de l’humanité, d’une nation inconnue, s’est terrée dans les entrailles du métro d’une ville encore plus mystérieuse. Ça vous rappelle la série des Metro ? C’est ça, sauf que le jeu exploite cette fois le genre RPG à l’ancienne. Mais vraiment à l’ancienne, du style de Fallout : ici l’isométrie est reine tandis que le graphisme rétro est roi et pour couronner le tout, la progression se fait en solo. Pas de PNJ sympas qui viendront gentiment vous prêter main forte en échange d’une gratitude éternelle et encore moins de personnages recrutables suivant aveuglement les ordres. Vous êtes seul, perdu dans des couloirs sans fin en compagnie de rats mutants, coupes-gorges vicelards et autres monstruosités technologiques.

 

Progression punitive, morts violentes

indius-underrail-05Néanmoins, des bastions de civilisations ont réussi à émerger à divers endroits, timides promesses d’un semblant de vie meilleure. Après la traditionnelle fiche de personnage à créer, Underrail nous balance dans une ancienne station de métro réhabilitée et dirigée tant bien que mal par un groupe de personnes. Il faut dire qu’avec ce récent tremblement de terre, la station a subi des dégâts et vous arrivez pile au bon moment. Ayant réussi toute une batterie de tests afin de savoir si oui ou non vous étiez digne de faire partie de cette petite communauté, on vous lâche dans l’immensité du métro avec un pauvre flingue, quelques cartouches… et c’est tout. À l’instar d’un Fallout, la première rencontre avec un ennemi est généralement fatale. Entre les rats qui attaquent en meute et les bandits qui vous one-shot à 20 mètres, le premier contact avec l’univers et le gameplay de Underrail est dur, voire injuste.

 

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Un contenu déjà gigantesque

C’est au bout de quelques essais que l’on se rend compte qu’il va falloir rapidement se calmer : nous ne sommes pas en face d’un RPG qui nous tient par la main, qui nous propose des ennemis en rapport avec notre niveau et qui nous indique comment s’en sortir. Au contraire, tout est fait pour nous caler des dizaines de bâtons dans des roues voilées d’avance et montrer que le concept de l’apprentissage par l’échec, c’est une notion à prendre au sérieux. Heureusement, toutes sortes de features ont été pensées pour se tailler un personnage extrêmement polyvalent et préparé à toutes les situations. Entre les dizaines d’armes possédant chacune des propriétés bien distinctes, un système de craft ultra complet permettant de fabriquer une pléthore d’objets, une dimension « magie » avec un arbre de pouvoirs fourni et des combats au tour par tour offrant la possibilité d’élaborer des stratégies précises, Underrail en impose.

 

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Cachez ce visage que je ne saurais voir

Et si tout ce contenu peut paraître comme un gigantesque patchwork de tout ce qui fonctionne dans un jeu vidéo, le studio Stygian Software les intègre avec suffisamment d’intelligence pour que tout finisse par former un ensemble cohérent, au sein d’un univers au scénario solide. Malheureusement, il y a un « mais ». En effet, ce tableau idyllique étalant un RPG fabriqué à l’ancienne se laisse prendre à son propre jeu coté graphisme. Comprenez par là qu’Underrail est moche, très moche. Il est même en dessous du premier Fallout, c’est dire. Coincé entre un pixel-art moderne et un style ultra-cheap de textures « effet plastique » propre aux années 90, le jeu se paye également le luxe de posséder des effets spéciaux totalement ratés (explosions, giclées de sang…). Alors certes, Underrail ne se joue pas pour ses graphismes, mais un rehaussement global avant la sortie du jeu prévue en 2015 ne serait pas de refus.

Impressions

Impressions Underrail : Très Bon Très Bon

Underrail est une sacré surprise. À l'image de son univers, il se terre au fond de la plate-forme de Valve et ne paye pas de mine au premier abord. Et pourtant, son contenu déjà gigantesque pour un jeu encore en Early-Access est capable d'aligner la centaine d'heure. Doté d'une histoire assez longue et pleine de rebondissements, de dizaines de lieux différents à visiter, d'un système de craft complet et d'un équipement varié, Underrail se place déjà comme un digne représentant du RPG, malgré un style graphique discutable.

Je mange casual, je chie arcade, je dors indé.