L’Early Access déchaîne les foules

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« I said something… that wasn’t ! »

Nous y revoilà, il faut croire… L’accès Anticipé, fruit défendu, Monstre parmi les monstres, générateur de déception, arnaque du siècle, appelez-le comme vous voulez mais une chose est sûre : ce modèle de développement n’a pas fini de faire parler de lui. Nous essuyions en janvier dernier les foudres des déceptions qui étaient celles de certains lecteurs et avions entrepris de rédiger un dossier explicatif et préventif à propos de ce que certains décrivent comme l’avenir du jeu vidéo indépendant, mais force est de reconnaître qu’aujourd’hui, rien n’a changé. Jusqu’où irons-nous ? Est-ce vraiment nécessaire de s’affoler ? La situation est-elle si grave qu’il n’y paraît ?

Avant d’essayer d’apporter des éléments de réponse à ces quelques interrogations, il convient de présenter pour la quarante-troisième fois les caractéristiques de ce modèle économique qui fait tant d’émules. Je suis un flemmard, aussi je me contenterai de reprendre directement mes propos depuis le premier dossier.

« Commençons en premier lieu par une description précise du principe de l’Accès Anticipé (Early Access ou alphafunding en anglais). L’EA, c’est lorsqu’un studio indépendant met en vente une version non terminée de son jeu pour en financer le développement, promettant ainsi aux joueurs un accès à la version finale après une multitude de mises à jour. Il avertit alors les joueurs que celle-ci contient évidemment des bugs, qu’il manque pas mal de contenu et qu’il ne faut pas considérer cette version comme un jeu à part entière, comme un jeu terminé. Généralement, un jeu dans ses versions anticipées est vendu à un prix moins élevé qu’en version finale, et ce afin de récompenser le joueur qui aura pris la peine d’acheter un jeu non terminé pour le bien de son développement. L’un des premiers jeux vendus d’après ce modèle de financement, si ce n’est le premier, fut le célèbre Minecraft. Mojang proposait en effet son jeu pour un prix minime dès la version alpha. Le développement fut financé par des millions de joueurs achetant le jeu sur le site officiel du studio, sans aucun support d’une plateforme de téléchargement. Minecraft est un peu l’icône du succès de l’Accès Anticipé, c’est effectivement depuis l’explosion des cubes que l’on observe un réel essor, une quasi-démocratisation de l’alphafunding. Peu de temps après (fin 2011), la plateforme Desura proposera un système d’Accès Anticipé, propulsé par l’excellent Project Zomboid, puis c’est Steam qui s’intéressera à la chose pour faire entrer les jeux en Early Access sur ses terres en mars 2013, un nouveau service évidemment étroitement lié au Greenlight. »

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Cela étant dit, il faut savoir que l’EA fait autant d’émules qu’il fait d’heureux, pour la simple et bonne raison que la vision originale du concept a rapidement été rattrapée par la réalité. Financer le développement d’un jeu et en suivre les améliorations au fil du temps peut paraître plaisant, voire parfois gratifiant, mais la recette n’est pas systématiquement synonyme de succès, pour le développeur comme pour le joueur. Les Early Access, c’est pas automatique, pourrait-on dire, et il est extrêmement important de se renseigner au sujet de cette pratique de plus en plus répandue dans le monde de l’indépendant. Malgré leur méfiance, les joueurs sont parfois victimes des aléas de l’indépendance, si bien que certains créateurs n’hésitent pas à s’essuyer les pieds sur les clients et leur portefeuille. Je ne peux que vous rediriger vers notre dossier dédié au sujet pour de plus amples informations.

Dans la vie, je m'ennuie. Du coup, j'écris des bêtises sur des jeux qui n'intéressent personne. Pour suivre mes aventures, ça se passe sur Twitter. Tu peux boire mes paroles, mais évite de t'étouffer.