Beatbuddy – Tale of the Guardians

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Il y a quelques temps, nous vous annoncions avec un enthousiasme certain la sortie prochaine du premier jeu du studio allemand THREAKS : Beatbuddy  – Tale of the Guardians (voir cet article). Le projet s’avérait plutôt prometteur, particulièrement lorsque l’on regarde les nombreux prix qu’il a remporté ces deux dernières années :

  • Selected Projects à la Game Commection de San Francisco en 2012 ;
  • Finaliste du Best Student Project à la German Video Game Award en 2011 ;
  • Gagnant des prix Best Art & Best Sound  à l’Intel Level Up 2012 ;
  • Mention Honorable – Excellente in Audio à l’Indie Game Festival 2012 ;
  • Premier prix de Music Works en 2011 ;
  • Top 10 à l’A-Maze Indie Connect Award 2012 ;

Quand même.

C’est donc avec une joie non-dissimulée que je me suis attelée au test de Beatbuddy. Je vous le rappelle, il s’agit d’un mélange de puzzle, d’action et d’aventure, où le joueur doit faire progresser le personnage principal à travers un monde aquatique peuplé de créatures sonores, voire même musicales, pacifiques comme agressives, dont les mouvements créent la bande-son du jeu. Mon expérience est globalement positive, même si elle est légèrement inférieure à mes attentes. En effet, plusieurs éléments viennent assombrir le tableau, notamment un certain nombre de bugs assez ennuyeux, qui laissent une légère impression de travail bâclé. Un peu dommage donc.

Commençons par le scénario : ce dernier est relativement basique, et linéaire, comme de nombreux jeux d’aventure. Notre protagoniste, Beatbuddy, un petit personnage bleu turquoise en 3D au design simpliste mais sympathique, équipé d’un casque audio, se voit chargé de sauver son pays, Symphonia, des griffes de l’armée du Prince Maestro, qui cherche à prendre le contrôle de la Musique. Guidé par un maître à longue barbiche un peu loufoque, Beatbuddy déambule ainsi dans six mondes successifs, à la nage où à bord d’une espèce de vaisseau en forme d’escargot, à la poursuite du prince et à la recherche de Melody et d’Harmony, ses petites camarades emprisonnées par le grand méchant. Pas grand-chose à signaler donc, si ce n’est qu’on aurait apprécié une introduction un peu plus poussée, histoire d’en savoir un peu plus sur le pourquoi du comment. En effet, si la cinématique d’introduction est plutôt originale et cherche à poser l’ambiance générale du jeu, on a du mal à comprendre où elle veut en venir. Cependant ce n’est qu’un détail qui ne nuit pas à l’expérience vidéo-ludique en elle-même. Les dialogues sont assez humoristiques, on n’éclate pas de rire à chaque instant mais cela rend l’atmosphère assez plaisante. On se retrouve alors précipités dans un très bel univers aquatique, entièrement peint à la main, avec de belles couleurs et un graphisme plutôt soigné. Un détail m’a un peu dérangé cependant, il s’agit de l’existence de plusieurs couches de décors, qui font que Beatbuddy devient parfois invisible, caché derrière certains éléments, ce que je trouve assez désagréable, mais que d’autres apprécieront peut-être.

Le jeu commence par une partie tutoriel, où l’on nous présente les différents éléments du jeu et la façon de diriger Beatbuddy. En effet, toute la clé du jeu est le rythmeEn effet, vous l’aurez compris, tout l’intérêt et l’originalité de Beatbuddy est la façon dont le joueur devra interagir avec la musique, composée des différents éléments de décor du jeu, pour faire progresser le personnage. Et ce n’est pas si facile que ça ! En effet si certains « instruments » sont inoffensifs, d’autres au contraire sauront vous donner du fil à retordre, car il faudra interagir avec eux au bon rythme, sous peine de se blesser. Une fois que le mécanisme est bien saisi, l’aventure peut démarrer.

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Niveau gameplay, rien de très compliqué. Vous pouvez diriger votre petit bonhomme dans toutes les directions (en 2D bien entendu), donner des coups de nageoire afin de donner un coup d’accélérateur, et frapper pour éliminer des ennemis et désamorcer des pièges. D’autres touches vous serviront, notamment pour interagir avec des objets (pour transporter des choses d’un point à un autre, ou pour orienter les « trampolines »). Sur votre chemin, vous devrez récupérer plusieurs choses : d’abord des petits cristaux roses (les gros étant des accumulations de petits) ; il y en a un certain nombre disséminé dans les 6 mondes, et votre objectif (facultatif) est de les retrouver tous. Ensuite, vous trouverez sur votre route des boules violettes : elles renferment de la vie, et vous seront donc bien utile tout au long de la partie ! Notez que vous aurez le choix entre utiliser la souris, le clavier ou une manette pour vous diriger. C’est là que le bât blesse : si l’on peut à peu près régler la sensibilité de la souris, on ne peut rien toucher au niveau de la configuration du clavier (ni voir quelle touche effectue quelle action.) (je n’ai pas essayé avec une manette). Et si la plupart du temps j’ai trouvé la navigation à la souris plus confortable et plus précise, j’ai parfois dû changer les réglages en cours de jeu et passer en mode clavier pour certains passages (avec d’ailleurs un bug récurrent, mais qui n’est peut-être dû qu’à ma machine…), petit désagrément qui vaut tout de même la peine d’être notifié.

Là où je trouve le jeu assez intéressant, c’est que bien qu’un peu de skill soit nécessaire, au point qu’il faut parfois s’y reprendre à plusieurs (dizaines ?) de fois avant de réussir à surmonter un passage difficile (au moins en ce qui me concerne), Beatbuddy possède également un aspect casse-tête, c’est-à-dire qu’il vous faudra parfois réfléchir (un peu) à la combinaison à effectuer pour progresser. Mais je vous rassure, pas besoin de sortir de Polytechnique non plus. En revanche, les parties « véhiculées », où le personnage se trouve à bord de son escargot aquatique, ne sont pas très bien optimisées, et surtout sont très redondantes. La conduite du véhicule est maladroite, peu aisée, donc finalement assez laborieuse. Mais on peut lui reconnaître comme qualité de rythmer un peu le jeu. Au final, on arrive à un jeu que je trouve plaisant, au gameplay plutôt original même si ce n’est pas non plus révolutionnaire. Il n’est clairement pas très difficile, d’autant que des points de sauvegardes sont disséminés un peu partout dans les mondes, après les passages « difficiles ». Ne jouez donc pas à Beatbuddy pour le challenge.

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En revanche, si vous appréciez de beaux graphismes, des décors poétiques, et surtout une bonne bande-son, foncez ! En effets, le travail réalisé par les designers est particulièrement remarquable, chaque décor est peint entièrement à la main comme je vous l’ai déjà signalé, les six mondes sont très différents, avec leur propres éléments de décors et leur propre palette de couleur. C’est vraiment un joli jeu.

Mais le plus important dans Beatbuddy, j’espère que vous l’aurez compris depuis le temps, c’est sa bande-son ! En effet, les créateurs n’ont pas lésiné sur la qualité, en faisant appel à des artistes musiciens-compositeurs renommés, que ce soit dans le monde du jeu vidéo comme sur la scène musicale en général. On retrouve entre autres Austin Wintory, compositeur de la bande-son de Journey (PS3), Sabrepulse, compositeur de la bande-son de Chime (PS3), et Parov Stelar, compositeur autrichien d’electro-swing que l’on ne devrait même plus présenter (je vous conseille vivement d’aller écouter son travail si vous ne connaissez pas). Chaque monde a donc une bande-son différente, un morceau qui lui est propre, composé par un des musiciens invités. Les ambiances diffèrent donc également, passant de l’electro swing à la funk en passant par le jazz. Le tout donne au jeu une atmosphère bien groovy, et les amateurs du genre sauront, je pense, apprécier. (Evidemment si vous n’écoutez que du black metal je ne peux rien pour vous.)

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Ainsi, Beatbuddy est un jeu de facture tout à fait correcte, même si ce n’est pas le jeu de l’année. Certaines choses sont encore à améliorer, notamment du point de vue de la correction des bugs (j’en ai eu plusieurs en cours de jeu, qui m’ont forcé à fermer puis relancer ma partie un certain nombre de fois). Il ne plaira cependant pas à tout le monde, certains risquent de le trouver trop facile, voire ennuyeux. Mais on peut reconnaître à THREAKS un sacré travail (ils ont bossé quatre années durant sur ce jeu !), avec de très bonnes idées. Pour un premier jeu, il y a du niveau !

L'avis de la Rédac

7

Beatbuddy est un bon jeu, qui vaut le détour à condition que l'on sache apprécier sa bande-son et ses graphismes. Le gameplay est intéressant mais n'a rien de révolutionnaire, de même que le scénario. On passe un bon moment mais on n'en garde pas un souvenir impérissable. Tout dépend du prix auquel on l'achète !

Les Plus Les Moins
  • Système de rythme
  • Graphismes soignés
  • Impossible de personnaliser les touches