Constant C

indius  Constant C

Créé par les Taïwanais d’International Games System, Constant C est un jeu de plateformes/puzzle qui n’est pas sans rappeler Braid ou And Yet It Moves dans ses mécaniques et qui saura sûrement mettre votre matière grise à contribution. Parfait en cette période d’examens.

L’aventure commence alors que votre personnage, un petit robot aux grands yeux, s’éveille au cœur d’une station spatiale apparemment déserte. Quelques pas vous amènent dans une salle où se trouve l’unité centrale de l’intelligence artificielle de la station qui vous met au courant de la situation : pour une raison inconnue, le temps s’est suspendu dans toute la structure et tout est devenu immobile. En tant qu’unité de maintenance, votre rôle va être de parcourir la station pour remettre de l’ordre dans tout ça et découvrir ce qui a pu se passer pour que les lieux soient vidés de ses habitants et la raison pour laquelle cette anomalie temporelle est survenue. Vous entrez donc bien vite au cœur du sujet en allant parcourir une première section de la structure, équipé d’un petit outil bien pratique dans ces conditions un peu particulière.

indius  Constant C

En effet, le gameplay de Constant C est relativement simple et favorise une prise en main rapide du jeu. Deux touches pour se déplacer et une pour sauter. Pour le reste, vous débloquerez deux capacités au cours du jeu. La première, active en permanence et dont la zone d’effet est symbolisée par un cercle lumineux autour de votre robot permet de rétablir le déroulement naturel du temps et le déplacement de certains éléments nécessaires à la progression à travers les différents niveaux : caisses, boules, plateformes… La seconde compétence consiste en une télécommande vous autorisant à modifier l’orientation de la station spatiale et par conséquent la gravité qui s’appliquera à votre personnage et aux différents objets du niveau. La maîtrise de ces deux éléments se fait tout naturellement et permet de se concentrer sur ce qui constitue le cœur de Constant C : la traversée de chaque pièce de la station.

Évidemment, l’architecte de la station n’a pas fait dans la simplicité. Au lieu de se contenter de faire des lignes droites pour lier un point A à un point B, il a jugé bien plus drôle d’y mettre des gouffres, des lasers, des rangées de scies circulaires et des points vraisemblablement inaccessibles. Le but est donc de trouver le moyen de traverser les niveaux en se servant intelligemment des capacités de notre petit robot. Le résultat est un jeu au croisement entre Portal, Braid et And Yet It Moves, pour un résultat qui s’il n’est pas révolutionnaire reste diablement efficace et bien pensé. Certains niveaux ne poseront aucun problème particulier et seront réglés en quelques mouvements bien calculés. En revanche, d’autre vous réclameront un peu plus de concentration et sûrement plusieurs essais pour en venir à boutConstant C est tout de même exigeant et la moindre erreur causera la mort du robot. Attention donc à ne pas le faire tomber de trop haut ou de se retrouver sous une caisse en chute libre. Heureusement, et c’est un bon point, le jeu sauvegarde à l’entrée de chaque niveau, évitant ainsi de devoir refaire une séquence entière pour rien. On ne manque d’ailleurs pas non plus de s’arracher parfois quelques cheveux lorsqu’il s’agit de récupérer les unités de mémoire de l’IA disséminées dans certains niveaux. C’est ce qui fait de Constant C un jeu plutôt gratifiant : sans être d’une difficulté monstrueuse, il sait présenter des obstacles qu’on est toujours content de surmonter. En revanche, il ne manque d’éveiller en nous un petit sentiment de répétition à force d’enchaîner les niveaux : même si les niveaux sont différents les uns des autres et que chaque nouvelle section visitée apporte de petits éléments de gameplay à prendre en compte, on se rend rapidement compte qu’il vaut mieux y jouer à petite dose et ne pas s’enfiler d’une traite la centaine de niveaux que propose le jeu.

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Mais IGS a eu le bon goût de nous donner de quoi motiver notre progression dans le jeu. C’est certes le bazar dans la station, et vous devez résoudre ça, mais il est intéressant d’en apprendre plus. C’est donc en récoltant les unités de mémoire de l’IA que vous parviendrez à recomposer le puzzle et à notamment apprendre à travers plusieurs flashbacks que vous évoluez dans la station qui accueillait le Superluminal Project, qui devait permettre d’enfin aboutir au voyage à la vitesse de la lumière – d’où la référence à la constante cVous comprendrez donc au fur et à mesure du jeu ce qui a mené au désastre actuel. Et il faudra bien évidemment faire la lumière sur cet autre robot de maintenance qui semble poursuivre un but particulier et qui a bien l’intention de vous empêcher de le suivre. Cette narration segmentée est assez prenante et parvient à compenser ce côté répétitif du jeu pour nous pousser à continuer et à en apprendre plus sur les événements passés et présents dans la station.

Finissons par nous intéresser à la forme du jeu. Si Constant C n’a aucun cachet graphique particulier, on en apprécie toutefois l’excellente réalisation. Le jeu est net et ne souffre d’aucun ralentissements. Et il est difficile de ne pas s’attacher à notre petit robot et à son design un peu particulier. Et il en va de même pour l’IA et les différentes émoticônes qui s’affichent sur son écran – la rendant éminemment plus sympathique que GladOS. On notera également le souci du détail du studio qui ne manque pas de rendre la vie à certains éléments de la station dès lors qu’ils sont dans la zone d’influence de notre cercle temporel : les câbles électriques crépitent, les diodes s’illuminent, les aiguilles s’affolent… Cela peut sembler dérisoire, mais ce sont des petits signes qui font plaisir à voir et qui montrent que l’équipe de développement a certainement mis du cœur à l’ouvrage. Quant à la musique, si elle ne marquera pas les mémoires, elle est de bonne qualité et correspond à l’ambiance du jeu : un côté atmosphérique qui nous rappelle que nous sommes perdus au milieu de l’espace complété par des touches qui parviennent à insuffler une forme d’oppression alors que nous parcourons ces couloirs et ces environnements entièrement clos. Coup de cœur pour le thème de l’IA qui colle lui aussi très bien au personnage.

L'avis de la Rédac

15

Constant C est un jeu qui plaira à ceux qui aiment se creuser la tête. Le level-design est efficace et bien pensé, offrant un joli nombre de situations qui vous forceront à réfléchir avant d'agir. Ou au moins à réfléchir après avoir essayé d'agir trop vite. Avec sa centaine de niveaux, dont quarante accessibles dans la version de démonstration, il saura vous occuper un bon moment, surtout pour son prix. À essayer si vous êtes en manque de jeux de ce type. Plus largement, sa prise en main accessible le met à la portée de tout le monde et demande seulement un cerveau en état de marche. Nul doute que vous passerez un bon moment.

Les Plus Les Moins

N.B. : Les jeux testés sont notés sur un total de 10 points.
« Si toutes les valeurs se valent, alors le cannibalisme est juste une question de goût. » - Leo Strauss