Depth

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Au fond d’un océan inconnu, alors que vous fouillez les ruines immergées, ce que vous redoutiez est arrivé : les requins ont senti votre présence et vous traquent. Vous êtes armés de fusils-harpons, mais la panique s’installe au sein de l’équipe. Va-t-on manger du steak de requin ou d’humain ce soir ?

 

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Requins VS Humains

À la manière d’un Natural Selection 2 amputé de sa composante RTS, Depth, de Digital Confectioners, est un jeu multijoueur au gameplay asymétrique qui oppose deux camps : les humains et les requins. Les premiers, en tenue de plongée et équipés en circonstance, ont eu la bonne idée d’aller explorer de vieilles ruines sous-marines avec l’aide de S.T.E.V.E, un robot qui s’occupera de piller toutes les richesses qu’il est encore possible d’y trouver. Les seconds, eux, ne sont pas vraiment jouasses de voir de petits terrestres investir leur domaine. Un problème se pose donc et c’est ici que vous intervenez, intégrant une équipe dont les membres ont chacun leur style de jeu bien défini et radicalement différent.

 

Sac à viande agressif

indius-depth-2Gameplay asymétrique oblige, nous allons distinguer les deux cas. En temps qu’humain tout d’abord, le but est d’escorter le robot en plusieurs endroits afin qu’il trouve l’argent nécessaire pour armer l’équipe en pistolets, lances-filet, mines… La vue est à la première personne mais l’environnement différencie grandement Depth de nombreux autres FPS : ce n’est pas d’une vague verticalité dont il est ici question, mais bien d’un véritable terrain de jeu en 3D qu’il faut prendre en compte puisque la menace peut aussi survenir d’au-dessus ou d’en-dessous. Le jeu met efficacement à profit ces nouvelles sensations en devenant presque un jeu d’horreur. Il est difficile de tout surveiller, les battements de cœur de notre personnage deviennent très audibles quand un adversaire est proche, et le stress est naturellement omniprésent à cause de la rapidité des requins.

 

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Requin-ninja

Côté requin, le ressenti est très différent. En bénéficiant d’une vue à la troisième personne cette fois, on a une vision bien plus large, d’autant que les capacités naturelles du requin nous confèrent une sorte de wall-hack quasi-permanent. Cette sensation de toute puissance est néanmoins tempérée par les confrontations : avec très peu de résistance, lancer un assaut dans un groupe qui nous a remarqué relève souvent du suicide, et ne permet que de porter une attaque non-fatale. Depth titille alors l’infiltration puisqu’en coopérant avec le second requin, il faut s’approcher discrètement des bipèdes et attaquer ceux qui sont isolés. Un comble pour le maître des mers ! Dommage que cet aspect soit désamorcé par une mauvaise gestion du respawn des humains. Heureusement, chaque victime rapporte un point de compétence qui permettra d’affûter sa perception de l’environnement, de se soigner légèrement en tuant ou encore de se défaire plus facilement des sondes que les humains nous collent sur le dos.

 

Sortie d’Early-Access précipitée

indius-depth-4Le problème dans tout cela est que Depth est soudainement passé en version finale il y a quelques semaines, accompagnée d’une mise à jour bien insuffisante pour gommer ses nombreux défauts jusqu’alors compréhensibles puisque le jeu était en Accès Anticipé. On pourra par exemple parler du contenu, avec le nombre de cartes qui est passé de 5 à 10 (dont 4 pour un nouveau mode de jeu qui consiste en un simple affrontement entre des humains et un requin particulièrement puissant) et les armes et compétences qui se sont également vues enrichies. Néanmoins, cela ne suffit pas à empêcher de poindre un sentiment de redondance, la faute à des combats plats et à des améliorations presque anecdotiques. De plus, la nécessité de protéger S.T.E.V.E nous cantonne souvent à défendre/attaquer une pièce et limite grandement la liberté d’action. Cette répétitivité est assez embêtante pour un jeu qui se concentre uniquement sur les parties multijoueurs en ligne.

 

Un gros manque de finition

D’autres détails laissent croire que le jeu n’est pas terminé. Techniquement, c’est très moyen et on se croit revenu quelques années en arrière, tant au niveau de la modélisation des joueurs, qui n’est pas vraiment fine, que des environnements qui manquent furieusement de détails et de variété, même si l’ambiance est convaincante (on ne parlera pas de l’affreux menu, ni de l’effet visuel de certains outils en jeu). Finalement, Depth ne parvient que partiellement à concrétiser son concept pourtant très intéressant. Ses bonnes idées se noient bien souvent dans un manque de finition flagrant, ce qui se traduit par un gameplay neutre et une esthétique visuelle et sonore qui ne profite pas des possibilités offertes par l’environnement sous-marin.

L'avis de la Rédac

6

En proposant un gameplay asymétrique dans un environnement en 3D entre requins et humains, Depth pose d'excellentes bases. Les deux camps se différencient nettement tout en restant équilibrés et se paient le luxe d'approcher d'autres genres : tantôt l'horreur, tantôt l'infiltration. Pourtant le dynamisme que l'on se sentait en droit d'attendre ne se retrouve pas en jeu et laisse la place à des parties peu rythmées et redondantes. Même s'il reste assez plaisant, le gameplay ne profite pas de l'originalité offerte par le cadre du jeu et de l'environnement, qui souffre en plus de certaines lacunes techniques.

Les Plus Les Moins
  • Le gameplay asymétrique, équilibré
  • Verticalité bien exploitée
  • Répétitif
  • Techniquement dépassé
  • Combats assez mous
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