Hotline Miami 2

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LE MESSIE EST ARRIVÉ. Attendu avec impatience depuis l’E3 2013, Hotline Miami 2 : Wrong Number a lentement fait monter la hype jusqu’à devenir sans conteste le jeu le plus anticipé de l’année 2015. Forcément, il fait suite au petit chef-d’œuvre qu’est Hotline Miami. On l’avait testé lors de la Gamescom 2014 et nos impressions étaient bonnes avec des mécaniques intéressantes mais une formule globalement inchangée. Maintenant qu’on a le produit final entre les mains, qu’en est-il ?

Tout commence de manière étonnante. Non, je ne parle même pas du jeu en lui-même mais d’un avertissement se lançant avant le prologue. Un message de sensibilisation indique que des scènes de violence sexuelle peuvent survenir dans le jeu, et propose de les désactiver. Tout d’abord il ne s’agit que d’une seule scène, franchement inutile. Ensuite l’initiative est assez curieuse de la part des développeurs, pas vraiment connus pour censurer mais plutôt aller jusqu’au bout du délire, ce qui n’est pas gênant et plutôt appréciable. Le dit prologue se lance ensuite pour apprendre aux novices à jouer et remettre les habitués dans le bain. C’est parti pour Hotline Miami 2.

 

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Un air de déjà vu

On avance, on tue, on esquive, on se fait tuer. R pour redémarrer le niveau, et cette fois-ci au lieu d’esquiver on frappe, on tue, on avance, on tue, le niveau est terminé. Le prologue se passe comme ça, la mission 1 également, et ça continue tant et si bien qu’on se laisse entraîner dans le rythme hypnotisant, bien aidé par une bande-son entraînante. Une formule quasiment sans défauts avec un gameplay qui se prend très vite en main, une difficulté croissante et des interludes cryptiques. Ça vous dit quelque chose ? Et oui, je viens de vous décrire grossièrement à la fois Hotline Miami 2 et son prédécesseur en quelques phrases.

Ce n’est pas forcément un mal, hein. Il aurait été étrange de se retrouver dans un FPS post-apocalyptique se jouant intégralement en lignes de texte. Mais force est d’avouer que de prime abord, on se retrouve dans ce qui paraît un clone du jeu qu’on connaît déjà, et on est un peu déçu de ne rien voir de plus. C’est ce qui était ressorti des avis des testeurs lors des conférences où le jeu était présenté, avec notamment la question : « pourquoi ne pas en avoir fait un DLC ? ». Cependant, cette impression ne dure pas et est peut-être aussi l’une des forces d’un jeu qui paraît maladroit mais sait ce qu’il fait.

 

Violence planifiée

indius-hotline-miami-2-test-2Le principe est toujours de nettoyer des salles et des étages afin d’atteindre un objectif précis pour finir la mission. Vous démarrez en général à mains nues et ramasserez des armes (de mêlée ou à feu) facilitant l’exécution de vos pulsions malsaines. Elles sont nombreuses, bien qu’en fin de compte, une balle comme un bon coup de batte suffisent à tuer la majorité des ennemis (et vous aussi). Il y a quelques exceptions rares qui sont les bienvenues, mais l’idée de base est posée.

Les zones à nettoyer étonnent toutefois par leur taille. Si dans Hotline Miami on voyait quasiment toujours trois ou quatre pièces différentes à l’écran, on se retrouve ici parfois lâché dans de grandes pièces dont on ne voit pas le bout. Et qui dit invisible, dit ennemi caché : il n’est pas rare de se prendre une balle venue de nulle part par un ennemi que l’on avait pas encore vu. Une approche stratégique est donc à privilégier en exploitant la nouvelle fonctionnalité du verrouillage, permettant de cibler un ennemi en particulier. Les armes de mêlée sont globalement très peu exploitées à cause de l’abondance d’ennemis et de flingues, et c’est un peu dommage. Le rythme de jeu s’en voit assez ralenti, ce qui ne plaira pas à tout le monde. Un masque est également sélectionnable au début de la plupart des missions, modifiant un peu votre façon de jouer. C’est là que le jeu commence à différer un peu de son prédécesseur : les masques utilisables varient selon les missions et certaines se jouent même sans ! Si une mission vous permet de choisir un masque permettant de faire des roulades, c’est qu’elle sera construite autour. Tout ceci est justifié par l’atout majeur d’Hotline Miami 2, son scénario.

 

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Association de malfaiteurs

Exit Jacket, exit le motard. Ici, vous contrôlez une pléthore de personnages ne vivant pas tous à la même époque et ayant chacun des façons de jouer différentes. C’est quelque chose d’intéressant et qui permet aux missions de toutes avoir une petite spécificité. Vous serez par exemple amené à jouer un inspecteur cherchant à trouver des informations sur un psychopathe masqué (joué lors d’une précédente mission, d’où un entrecroisement des scénarios assez intriguant). Après avoir tenté pacifiquement de parler à un informateur, le bougre est obligé de devenir un peu violent, surtout avec une dizaine de bandits armés jusqu’aux dents en face. Étant inspecteur, il évite à tout prix les effusions de sang inutiles en assommant simplement ses ennemis et en allant jusqu’à démonter les armes à feu qu’il trouve. Concrètement, la mission se joue exactement comme une autre, mais ce sont des petits détails comme celui-là qui la rendent intéressante.

On ne contrôle donc plus un fou meurtrier tout au long du jeu mais des personnages plus développés, qui ont des façons de penser uniques. Même si ça paraît peu, le jeu s’en voit radicalement changé en y prêtant attention. Prise bout à bout, cette construction bien particulière rend la chose plus claire à comprendre mais l’ensemble en devient aussi plus complexe. On ne saisit pas forcément tout du premier coup, et il faudra peut-être refaire certaines missions pour mieux en comprendre d’autres. Le changement par rapport à Hotline Miami premier du nom est ici le plus important, et c’est sans aucun doute sur ça qu’a voulu appuyer Dennaton Games pour marquer le joueur. De plus, il peut être préférable d’avoir terminé ce dernier pour saisir quelques éléments néanmoins facultatifs.

 

Malsain à souhait

indius-hotline-miami-2-test-3Du côté graphique et musical, pas grand chose à reprocher. L’esthétique soignée et sanglante qu’on avait appréciée est toujours bien présente malgré des soucis persistants comme le sang qui traverse les murs et fait parfois un peu tâche. Chaque personnage est habillé d’une manière différente et la direction artistique est toujours aussi bien fichue, comme on peut le voir lors des interludes entre les missions. Ces derniers sont d’ailleurs l’un des gros supports du scénario, présentant des mises en situation des personnages avant de les faire tuer tout ce qui bouge dans un rayon de 50 mètres. Ils contribuent grandement à l’ambiance généralement très glauque et malsaine de Hotline Miami 2, qui ne cache pas ses intentions. Le travail des artistes ayant participé à l’OST n’est pas en reste ; les musiques collent parfaitement à l’ambiance et au rythme effréné de l’action comme au calme dérangeant de certaines scènes. Un sans faute musical.

L’expérience proposée par Hotline Miami 2 est de qualité, il faut le voir en face. Elle n’est toutefois pas dénuée de soucis. Un scénario très intéressant et un gameplay toujours aussi addictif se voient freinés par un manque de clarté occasionnel, et surtout par une IA parfois trop bancale. Il est fréquent de tuer un ennemi bruyamment et d’alerter tout l’étage sauf son pote à trois mètres derrière. On regrettera aussi un rythme différent du premier jeu, avec ici plus de stratégie et de planification nécessaires. Cependant, ces quelques défauts ne pèsent finalement pas bien lourd dans la balance. Dennaton Games a encore une fois bien réussi son coup en sortant une suite certes un peu moins marquante que son prédécesseur, mais tout aussi prenante. On notera au passage une durée de vie variant énormément selon le skill du joueur (environ 6 heures pour moi) et boostée par un mode Hard inversant les niveaux et rajoutant des ennemis. En comptant en plus les différents masques, il y a moyen d’y passer une bonne quinzaine d’heures sans trop de soucis.

L’éditeur de niveaux est également disponible, mais il n’est pas tout à fait terminé et je préfère ne pas le compter dans ce test. Il est toutefois assez facile à utiliser et devrait pouvoir permettre à la communauté de créer des niveaux sympa.

L'avis de la Rédac

8

Il est important de considérer Hotline Miami 2 comme une véritable suite afin d'apprécier les façons dont il se démarque de son prédécesseur. La formule de base reste la même mais est développée avec suffisamment de changements pour en faire un jeu très différent, surtout au niveau de son scénario et de son ambiance qu'on oubliera pas de sitôt. Reproduire le choc qu'a été Hotline Miami premier du nom est impossible et on ne peut pas en vouloir au jeu pour ça. On peut toutefois admirer ce qu'il fait de bien et se retrouver une fois de plus totalement pris par un gameplay hypnotisant et addictif. Hotline Miami 2 n'est peut-être pas le chef d’œuvre qu'on attendait, mais il s'en rapproche beaucoup.

Les Plus Les Moins
  • Le scénario plus complexe...
  • Les multiples personnages
  • Très bonne rejouabilité
  • OST toujours aussi géniale
  • Ambiance malsaine mais réussie
  • ... mais du coup moins clair
  • Une IA parfois foireuse
  • Le rythme moins rapide et nerveux
  • Moins marquant que son aîné
Rédacteur et accessoirement passionné de jeux indés. Zboub est mon bras droit, en vrai.