Inside My Radio

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Après avoir essuyé un accueil froid pour Ethan : Meteor Hunter que l’on a pourtant jugé assez bon, Seaven Studio revient cette fois avec de la musique pour réchauffer l’ambiance. Sorti vainqueur de la Ludum Dare 23, Inside My Radio s’est ainsi vu étendu à un jeu complet grâce au partenariat alliant Seaven Studio et TurboDindon et à une publication assurée par Iceberg Interactive.

 

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La fièvre du samedi soir

De la musique, il va y en avoir puisque Inside My Radio est un jeu de plate-forme et de rythme propulsé par trois genres musicaux (et quelques autres qui s’invitent) : l’électro, le disco et la dub (reggae-électro), personnifiés respectivement par Taek, Barry et Root. Ces trois LED sont les héros que l’on contrôle dans une succession de morceaux au fil d’une petite histoire incompréhensible. Chaque niveau propose une ambiance et une musique différentes, correspondant à chaque fois à un personnage particulier. Les phases de plateforme sont assez classiques. On se contente pour les déplacements du Saut, de la Charge (un dash) et du Piqué (une charge sur le sol). Les gâchettes et le Pulse (un riff) permettent quant à eux d’interagir avec l’environnement.

 

WUB WUB WUB

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L’astuce, c’est que chaque action doit être effectuée en rythme, en appuyant en chœur avec le tempo, un peu comme avec Crypt of the Necrodancer. Même si cette mécanique est au départ assez déconcertante, on se surprend vite à taper du pied et à apprécier ce petit défi, qui n’est finalement pas hors de portée. Si vraiment vous avez peur que votre sens du rythme soit trop rouillé, il est possible à tout moment d’activer une aide visuelle et/ou les vibrations de la manette qui se révèlent très utiles pour mieux sentir le tempo. De plus, la composante plateforme de Inside My Radio ne représente pas un réel challenge. Malheureusement, le level-design n’est pas très ambitieux, manquant parfois de recherche, et rappelle souvent la simplicité de 140, dont le gameplay est pourtant plus minimaliste. Le challenge vient plutôt de la vitesse d’exécution demandée et de la coordination, des éléments-clés du gameplay lorsque l’on cherche à améliorer son temps sur chaque niveau.

 

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Libre antenne

Ce manque d’audace, qui conduit à un gameplay sous-exploité, devient de plus en plus étonnant au cours de la progression. En effet, on y croise énormément de situations et d’idées qui apportent une vraie diversité, mais qui ne sont qu’introduites sans être réutilisées par la suite. Le déroulement est donc assez déroutant puisque Inside My Radio ne se lasse pas de nous offrir des bonus, des mini-jeux, des références et des Easter Eggs (références à Daft Punk ou Elvis par exemple), au point que le cœur même du jeu s’en retrouve effacé. Ces petits à-côtés restent toutefois très agréables et sont la preuve d’un travail très réussi sur l’esthétisme, visuel comme musical. Il est ainsi courant que certains passages s’avèrent d’une facilité déconcertante pour le simple plaisir de mettre en scène de très jolis détails.

 

Lose yourself to dance

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Plus généralement, Inside My Radio est très beau. Une certaine attention a été portée au décor, qui fourmille de détails et d’effets, contribuant tous à donner au titre un style très lumineux et acidulé. De plus, à chaque genre musical correspond un style visuel, ce qui sert grandement la sensation de variété. Bien sûr, les musiques ont bénéficié d’un soin tout particulier et sont excellentes, cohérentes et accrocheuses. Toujours avec une touche d’électro, elles se prêtent parfaitement au jeu de la cadence, et ont un tempo très perceptible. Pas de difficulté de ce côté-là non plus donc, le jeu n’usant pas d’astuce mélodique pour nous perdre.

 

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Perdu sur le dancefloor

Perdu, on peut en revanche l’être après s’être défait du boss final. Étonné que le jeu soit déjà terminé, après avoir si bien su mettre l’eau à la bouche. Encore une fois, l’allure avec laquelle Inside My Radio se déroule est inhabituelle, la faute à un contenu très disparate. Le cœur du gameplay ne représente en effet qu’une petite partie du jeu, qui ressemble finalement à un joli patchwork composé de tous les morceaux uniques qu’il nous a proposé, sans structure. Cette friandise est vendue une quinzaine d’euros dès aujourd’hui (12 euros en promo à la sortie), un prix qui génèrera sans doute de nombreuses frustrations quant à la durée de l’expérience, même si le Time Attack permettra de prolonger un peu le plaisir.

L'avis de la Rédac

6

Inside My Radio est esthétiquement excellent, les différentes mécaniques de jeu fonctionnent bien et il est très plaisant à jouer. En définitive, le jeu n'a qu'un gros défaut : le rythme de sa progression est incroyablement inégal, à cause de la multiplication des ébauches d'idées qui l'ont conduit à oublier son level-design. Cela résulte en un très bon projet de Ludum Dare qui n'aurait pas été limité en temps, mais ce n'est toujours pas un jeu en version finale : pour cela, il aurait sans doute fallu se détacher du prototype.

Les Plus Les Moins
  • La musique excellente
  • Les graphismes
  • Les bonus, partout
  • Un level-design parfois creux
  • Le gameplay sous-exploité
  • Fini en deux heures
  • Manque de matière
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