Invisible Inc.

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Klei Entertainment, c’est le genre de studio que l’on ne peut qu’aimer. En 2012, ils ont fait leurs premières armes dans l’infiltration avec Mark of the Ninja, et c’était excellent. Ils ont ensuite imposé leur vision du survival avec l’excellent Don’t Starve. Aujourd’hui nous avons mis les mains sur leur nouveau jeu d’infiltration, Invisible Inc. Spoiler : c’est excellent.

 

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Encore des moutons électriques

Le jeu s’ouvre sur une cinématique qui présente le contexte : en 2074, le gouvernement fait appel à des Corporations pour imposer son autorité par la force. Une petite équipe d’espions lutte dans l’ombre contre cette violente politique, mais leur siège se voit prit d’assaut par des hommes lourdement armés, les obligeant à fuir en avion. Ils emportent avec eux Incognita, une intelligence artificielle qui leur procure un avantage stratégique lors de leurs infiltrations. Le problème, c’est que privée d’une source d’énergie, son autonomie est de 72 heures. Trois petits jours durant lesquels le groupe d’espions va multiplier les missions et enfin lancer une dernière offensive avant de perdre tout moyen de combattre. Avec cette vidéo très bien réalisée, suivie tout au long du jeu par des dialogues efficaces et joliment doublés, Invisible Inc. parvient de manière assez inattendue à mettre en avant son scénario. Celui-ci est très simple, mais la mise en scène soignée permet de se sentir rapidement concerné par notre nouveau rôle d’Operator.

 

X-COM, c’est toi ?

indius-invisible-inc-6Le choix des missions que l’on commandera se fait sur un planisphère, toujours en gardant un œil sur le chronomètre. En effet, plus la destination est lointaine, plus il faut de temps pour s’y rendre. La nature des objectifs aura aussi son importance lors de la sélection, de quoi donner du poids à cette phase de jeu secondaire. Il sera ainsi question d’aller voler de l’équipement ou des objets de valeur, d’accéder à une boutique informatisée pour faire vos emplettes (inutile sans argent donc) ou encore de libérer un prisonnier, qui pourra rejoindre nos rangs (et qu’il faudra équiper). En pratique, ces interventions se dérouleront peu ou prou de la même manière, seule la récompense sera différente. Sur le terrain notre rôle est donc de contrôler à la souris nos agents secrets dans les bâtiments des Corporations, avec une vue de trois quarts et en tour-par-tour avec l’ennemi. Les pièces y sont découpées en cases pour faciliter la couverture et les déplacements, limités par des Points d’Action et faisant fortement penser au système de X-COM. Le level-design est d’une simplicité redoutable, et fait volontairement l’impasse sur les traditionnels conduits d’aération et autres cachettes chères au genre. Avec beaucoup de réussite, Invisible Inc. se contente des gardes, du mobilier et des outils de surveillance.

 

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Gogo-gadgeto-espion

C’est là qu’entre en jeu Incognita. Dans chaque mission, l’intelligence artificielle s’infiltre dans le réseau de sécurité. En échange de quelques points de PWR, elle permet de faire tomber les pare-feux des caméras, des drones ou encore des coffres-forts. Cet outil se révèle souvent indispensable pour la progression des agents, même s’il impose d’agir rapidement : son intrusion est décelée par les ennemis, qui renforcent progressivement la sécurité. Il devient ainsi de plus en plus difficile d’esquiver les défenses au fil des tours, et le coût du Hacking en PWR augmente. De leur côté, les espions ont des compétences complémentaires : jeter discrètement un œil derrière les portes, prévoir les déplacements des gardes, les neutraliser avec différentes armes… Il est possible de les rendre dignes des agents double-zéro grâce à une quantité satisfaisante d’accessoires, d’améliorations génétiques et de quelques statistiques à augmenter. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on mène toutes ces missions, puisque l’infiltration finale est particulièrement difficile et des agents surentraînées ne seront pas de trop.

 

Don’t blink

indius-invisible-inc-8En fait, Invisible Inc. est difficile du début à la fin. Les gardes ne sont pas des lumières, mais ils savent se montrer très dangereux à plusieurs. Si vous n’avez pas su dépenser vos deniers efficacement, votre survie face à plusieurs armes est largement compromise. Heureusement, le jeu est particulièrement généreux avec les options de personnalisation au début de la campagne, et il est possible de configurer la complexité des gardes comme de choisir une autre limite de temps que 72 heures. Les parties s’adaptent alors à vos préférences puisque les niveaux sont générés très efficacement de manière procédurale, ce qui apparente Invisible Inc. à un rogue-like dans une certaine mesure, même s’il est possible de retourner en arrière après une erreur. La durée de vie est donc potentiellement immense, si on ne se lasse pas du gameplay ou de la patte artistique. C’est cette dernière qui pourra devenir un peu trop monotone, puisqu’elle a tendance à se répéter au fil des missions. Ne vous y trompez pas néanmoins, la musique fait bien son travail avec des thèmes très « espionnage » et les graphismes sont très plaisants. Les décors gênent parfois la lisibilité mais encore une fois, Klei Entertainment a pensé à nous et ajouté une vue plus minimaliste pour les situations compliquées.

L'avis de la Rédac

9

Avec leur second jeu d'infiltration, on voit que Klei Entertainment ont vraiment tapé dans le mille. Sans fioritures, ils sont parvenus à un résultat exceptionnellement complet et plaisant. Immersif malgré le choix du tour-par-tour, délicieusement difficile sans avoir opté pour un level-design tordu, un univers cohérent et des options de personnalisation bienvenues : Invisible Inc. est maîtrisé de bout en bout.

Les Plus Les Moins
  • Mécaniques d'infiltration excellentes
  • Level-design simple et efficace
  • L'aspect rogue-like
  • Très immersif
  • Visuellement très réussi
  • Certains décors répétitifs
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