Out There Omega Edition

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Jour 209 : nerveux, je jette un œil aux voyants rouges qui clignotent. 43% de coque et 29% de carburant. Le prochain système devra être le bon ou sera le dernier… Super, une planète gazeuse ! Mes dernières réserves suffisent tout juste pour me mettre en orbite autour et envoyer une sonde à hydrogène salvatrice. Bon, ma coque est légèrement faible mais ça ne devrait pas poser de pro- Ah. Je suis mort. Tant pis. Out There Omega Edition, colossale mise à jour du jeu sorti le 2 avril, est toujours aussi dur.

 

I was… out thereindius-out-there-omega-edition-24

Dès les premières secondes, Out There Omega Edition impose son style. Une cinématique de toute beauté vous introduit à son univers. Au XXIIe siècle, l’humanité exploite les ressources des différents astres du système solaire. Le Nomad, un vaisseau reliant la Terre à une lune de Jupiter, est victime d’un accident et son seul équipage, l’astronaute que vous incarnez, se retrouve perdu dans une région inconnue de l’univers. Vous voilà donc largué dans un trou paumé, mystérieux, avec les coordonnées d’une étoile à atteindre sur votre tableau de bord. Le tutoriel du jeu s’occupe de vous enseigner les bases : le jeu se joue sur trois plans. Premièrement, vous vous déplacez sur une carte stellaire d’étoile en étoile en direction de votre objectif. Ensuite, une fois arrivé dans un nouveau système, vous avez une vue des différents points d’intérêt de celui-ci, autour desquels vous pouvez vous mettre en orbite. Enfin, une fenêtre vous permet d’observer l’état de votre vaisseau et de ses ressources vitales que sont l’oxygène, le carburant et la coque. C’est aussi l’occasion de modifier sa cargaison et son équipement pour optimiser un maximum l’espace de stockage très rapidement limité du Nomad.

 

Premier contact

indius-out-there-omega-edition-12Timidement, vous entamez votre première partie. Vous faites rapidement face aux premières entrées de votre journal de bord. Rencontre avec un animal cosmique, réflexion de l’astronaute ou confrontation à un souci de tout type, tels sont les événements aléatoires auxquels vous serez confrontés. À la clé la plupart du temps, un bonus ou une pénalité pour l’une des ressources du vaisseau et le plaisir de profiter de l’écriture très soignée du jeu. Ce premier contact avec l’un des plus gros points forts du jeu achevé, vous découvrez deux planètes, l’une gazeuse, l’autre tellurique. Vous vous posez sur cette dernière pour miner un peu de fer, et contemplez le panorama. Splendide, c’est le mot, surtout lorsque l’on compare avec la version classique. Les paysages sont riches, détaillés, colorés, à tel point que le vaisseau conservant son style « comics » fait un peu tache dans un décor totalement remodelé. Dommage aussi que seules les surfaces des planètes profitent réellement du coup de bistouri, car lorsque notre regard se pose sur l’apparence des astres depuis leur orbite, leurs textures bien moins fines nous font presque regretter l’ancienne édition. Et c’est comme ça pour tout le reste. Qu’on se le dise,  Out There Omega Edition est un rollercoaster pour la rétine, oscillant entre le splendide et le « un peu bof ». D’un côté, les joueurs mobiles pesteront contre leur écran trop petit pour profiter de la beauté des paysages, de l’autre, les joueurs PC regretteront certains éléments qui détonnent.

 

indius-out-there-omega-edition-09Vivre. Mourir. Recommencer.

Finalement, les parties s’enchaînent et les subtilités du gameplay se dévoilent. Un puissant mais mystérieux élément Omega, récupéré auprès d’extraterrestres dont vous commencez à comprendre le langage, pourrait par exemple servir à fabriquer la Semence de Mort, un engin dont vous avez trouvé les plans par hasard. Pas de quoi réparer un module qui vous lâche au pire moment ? Démontez l’équipement inutile pour récupérer de quoi réparer votre sésame pour la survie… Au fil des parties, vous découvrez moult astres habités, vaisseaux aliens abandonnés ou événements impromptus. Un gros effort a été réalisé sur cette version afin de rafraîchir un peu l’expérience de jeu qui, à défaut d’être totalement renouvelée, voit son contenu étoffé. Seul petit changement au niveau du gameplay : les vaisseaux abordés sont abîmés, et donc réparables afin de profiter entièrement de leur soute. Un ajout qui corse encore un peu plus un jeu réputé difficile. Si toutes vos morts ne seront pas causées par vos erreurs, toutes vos erreurs, elles, vous conduiront à coup sûr à l’écran de Game Over. Il n’empêche que la répétitivité prive la plupart du temps le joueur de toute tension. D’aucuns diront qu’il est immergé dans les pensées de l’astronaute qui finit fatalement par se lasser de sa solitude, mais qu’on se le dise, cet ennui est avant tout enquiquinant.

 

Personne ne vous entendra pesterindius-out-there-omega-edition-27

On continue malgré tout à jouer, jusqu’à ce que les principaux défauts du jeu prennent trop d’importance. C’est qu’il finit par se répéter, ce Out There… À force, l’ambiance singulière du titre perd de sa superbe. Votre œil averti ne s’émerveille plus devant la beauté du titre. Les entrées du carnet de bord ont un air de déjà-vu. Du coup, il ne reste pas grand chose au jeu, son gameplay étant bien trop aléatoire. Une fois les mécanismes assimilés et les réflexes de base acquis, on s’aperçoit que le jeu n’est rien de moins qu’une succession de lancers de dés, punitifs qui plus est. Car oui, Out There ne vous aime pas et vous le fait sentir. Il vous trompe avec ses super vaisseaux extraterrestres à aborder et la générosité en contenu de cette version Omega, mais dès qu’un sourire de fun se dessinera sur votre visage, vous mourrez. Pas parce que le jeu est dur comme vous le pensiez auparavant, mais parce qu’il repose sur le hasard. L’agonie sera le plus souvent lente, due à un manque de chance. Prenez par exemple cette singularité que vous empruntez, astronaute naïf que vous êtes, qui vous conduit dans un amas de systèmes trop isolé pour en sortir, vous contraignant à errer sans espoir. De quoi vous traumatiser en cas de partie avancée, et vous prémunir de toute prise de risque future, quitte à s’ennuyer par prudence. Quand en plus de cela vous commencez à pester contre une interface à la souris rigide et parfois peu optimisée, voire contre des bugs pas si rares (quelques patchs sont néanmoins sortis récemment) vous obligeant à recommencer la partie, votre innocence passée s’émousse, laissant place à une lassitude nostalgique des premiers instants.

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L'avis de la Rédac

7

Qu'on se le dise, Out There Omega Edition surpasse son aîné dans pratiquement tous les domaines. En ajoutant une tonne de contenu, il permet même de retarder un peu plus le sentiment de déjà-vu qui hantera les joueurs aguerris. Il n'empêche que le cœur du jeu, bancal car trop aléatoire, demeure inchangé et annihile bien vite le fun promis. En fait, c'est une sorte de jeu de l'oie amélioré, beau, et hardcore, mais dont on ne peut finalement que faire le tour trop vite, qu'importent les efforts déployés pour en faire un divertissement plus qu'honnête.

Les Plus Les Moins
  • Ambiances visuelle et sonore dingues
  • L'écriture soignée
  • Tonne de contenu...
  • Une vraie identité
  • Interface pensée pour le tactile
  • Composante aléatoire envahissante
  • ... qui finit malheureusement par se répéter
  • Bugs et injustices rageantes
Mon photomontage mélangeant les visages de Gabe Newell et Nicolas Cage m'a ouvert les portes d'Indius. Depuis, j'arpente les bureaux de la rédac' armé de mes phrases capillotractées, en quête d'un non-cinéphile à bruler. Praise Lord Wright.