Party Hard

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Développé par Pinokl Games à partir d’un concept prometteur réalisé lors de la Global Game Jam, Party Hard a pu voir le jour sur Steam et autres stores sous la tutelle de tinyBuild. Cool, ma phrase d’accroche est toute faite : sont-ils venus à bout du délicat exercice consistant à passer d’un prototype basique à un jeu que l’on pourra qualifier de « complet » ?

États-Unis, début des années 2000. Un tueur sévit lors des fêtes nocturnes aux quatre coins du pays. L’inspecteur John West s’investit corps et âme dans cette enquête, mais le suspect parvient soir après soir à mettre hors d’état de danser chacun des participants, tout en ne laissant que des pistes trop maigres pour que l’on puisse le neutraliser. Vous, en bon joueur sans cœur que vous êtes, allez offrir à John les plus beaux ulcères de sa carrière, puisque vous incarnerez le tueur (ou l’un des personnages qui se sera rallié à sa cause) au cours de douze massacres. Le but ? Pouvoir retourner dormir au calme. Et profiter de l’agitation pour s’amuser avec de nouvelles techniques de meurtre.

 

indius-party-hard-1I will find you and I will kill you

Le but ne sera donc pas de se saouler très fort, mais d’assassiner absolument tout le monde sans se faire arrêter ou tuer nous-même. Armé simplement de son pénis et d’un couteau, simple et efficace, on va pouvoir s’immiscer parmi les invités et tenter de trancher des carotides sans se faire repérer. Pour cela, la solution la plus simple est encore de s’occuper de ceux qui ont la bonne idée de s’isoler. Il suffit alors de s’éloigner avant que quelqu’un ne découvre le corps (et appelle la police) pour éviter les soupçons. Dans le meilleur des cas, le flic qui se sera déplacé accusera même l’imbécile heureux qui passait par là. Parfait, ça fait une cible en moins.

C’est aussi simple que ça : Party Hard réinvente en quelque sorte le jeu de patience. On se promène jusqu’à repérer un motard qui espère profiter de son taux d’alcoolémie pour faire une sieste dans l’herbe, à l’écart. On a alors un laps de temps confortable pour le rejoindre et le plonger dans un sommeil un peu moins réparateur. Des interactions avec le décor apportent tout de même quelques originalités dans le domaine du meurtre de masse. Faire exploser un distributeur de bonbons, pousser des fêtards dans le feu (ça prend bien) ou encore empoisonner la bouffe permettront de se débarrasser d’une bonne moitié des invités et de faire s’affoler ceux qui sont encore debout.

 

It’s a trap

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Des événements viennent également nous prêter main forte, comme l’intervention d’agents du SWAT ayant raté leurs cours d’éthique ou encore celles un peu plus loufoques d’extraterrestres ou d’une tornade projetant des requins. Pinokl Games invoque ces éléments de gameplay pour éviter l’apparente répétitivité de leur jeu. Les différents niveaux sont ainsi décris comme « semi-procéduraux », les pièges changeant d’un essai à l’autre, de façon à renouveler le plaisir de la découverte de leurs effets. Il y a même un mode de jeu prévu pour les streamers dans lequel les viewers votent pour tel ou tel événement dans le but de pourrir la partie du joueur.

En pratique, cette dimension aléatoire se révèle très limitée, quand elle n’est pas carrément abandonnée le temps de quelques niveaux. Les pièges que l’on imagine variés sont en réalité trop peu nombreux pour entretenir un effet de surprise, d’autant plus qu’une bonne partie d’entre eux est recyclée à chaque fête (mécanique et visuel identiques !). Les événements aléatoires sont eux un peu mieux répartis mais semblent avoir été ajoutés bien plus pour leur côté comique que pour leur apport au gameplay. L’invasion de zombies par exemple ruine tout le concept du jeu en rendant les invités complètement décérébrés : il n’y a alors plus personne pour s’offusquer de nos sanglantes embrochades.

 

indius-party-hard-3Bad trip

De toute manière, ils n’attendent pas d’être zombifiés pour faire preuve d’une Intelligence Artificielle complètement absurde. Par exemple, si quelqu’un s’écroule à vos pieds sans raison apparente, tout le monde aura deviné que vous avez empoisonné le punch à quinze mètres de là avec du purin d’ortie. En revanche, vous pouvez sans risque monter sur scène devant une trentaine de témoins, empoigner un câble électrifié et l’appliquer sur le front du bassiste. Personne n’aura compris votre rôle dans ce plan si subtil et réfléchi, si tant est que vous ayez profité des vingt bonnes secondes nécessaires à l’arrivée de la police pour vous écarter. Certains espèrent peut-être trouver en Party Hard un Hitman minimaliste, mais il n’en est rien, les réactions de l’IA étant donc à mille lieues du réalisme. Seules des dizaines d’expérimentations vous permettront de cerner son comportement.

Étant un concept issu de la Global Game Jam et étendu sans prétention, on pourra pardonner ses défauts à Party Hard en se concentrant sur les quelques moments marrants et les interludes efficaces. En revanche, le prix du jeu est moins compréhensible : 12€, c’est bien trop pour un titre au contenu maigrichon et à la finition à peine polie depuis le prototype. Un support de Twitch plutôt poussé (chat intégré et événements déclenchables par le public) laisse penser que Pinokl Games vise en particulier le public régulier et très influençable des streams. Si vous hésitez à passer le pas pour Party Hard, jouez au prototype : il donne un aperçu très proche du jeu final. Et là, tout est dit.

L'avis de la Rédac

5

L'humour et la génération "semi-procédurale" de Party Hard parviennent difficilement à compenser sa répétitivité et son intelligence artificielle pour le moins surprenante. Un titre qui pourra se montrer amusant le temps d'un épisode de Dexter (le dessin animé) mais clairement dispensable.

Les Plus Les Moins
  • Parfois rigolo
  • Fil rouge bien foutu
  • La Non-Intelligence Artificielle
  • Les pièges sans variété
  • Des niveaux remplissage
  • L'ennui pointe très vite
Bientôt, des chèvres à l'uranium vont nous forcer à fuir dans l'espace. Pour éviter ça, mange des bananes et dis à ta mère de me suivre sur Twitter. Fais-moi confiance, je viens du futur.