Randal’s Monday

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Randal’s Monday est le fruit du dur labeur de Nexus Game Studios. Leur volonté était de nous proposer une expérience renouant avec l’âge d’or des points and click (Day of the Tentacle, Monkey Island…), mixés avec des références geek. Mélange réussi ?

 

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Chocolat surprise

« La vie c’est comme une boite de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Voilà une phrase qui résume bien la sensation qui peut nous envahir en terminant Randal’s Monday. Le titre promettait une revisite épicée des points and click de notre enfance (pour les plus vieux), telle la douce mais piquante saveur d’un chocolat aux extraits de piment dégusté sur les genoux de notre grand-mère (miam !). Au lieu de ça, l’étrange impression d’avoir mangé une gourmandise aux insectes, douce également mais qui laisse un goût de blatte dans la bouche, nous assaille. Retour sur une dégustation plutôt amère.

 

Mon meilleur ennemi

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Randal, c’est le pote que l’on aimerait pas avoir : égocentrique, voleur, menteur et plus encore. L’histoire débute lors de la soirée – très très arrosée – de fiançailles de son meilleur ami Matt avec la belle Sally. Durant la fête, Matt perd son portefeuille que Randal va ramasser… sans le lui rendre (meilleur ami du monde). Malheureusement pour Matt, en plus de tout ce que l’on peut trouver dans un portefeuille, le sien contient la bague qu’il comptait offrir à sa belle, une bague maudite échangée contre un doritos (normal). Le lendemain matin, après une lutte contre sa gueule de bois et avoir eu une discussion houleuse avec son propriétaire qui lui réclame trois mois de loyer impayé, notre « héros » décide de revendre la bague pour pouvoir régler sa dette. Matt, pendant ce temps, se rend compte de la perte de son précieux et ne pouvant y faire face, décide de se suicider. L’anneau alors de se venger et Randal se voit condamné à revivre éternellement la même journée jusqu’à ce qu’il retrouve le bijou et fasse tout rentrer dans l’ordre.

 

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Pour causer, il cause

Dès la séquence d’introduction, on sent que les dialogues vont être nombreux. Ce n’est pas un problème en soi, c’est même plutôt requis dans un jeu d’aventure graphique, mais la plupart du temps ils sont surtout verbeux. S’ils sont parfois amusants, ils sont également prévisibles ou carrément hors sujet. On se trouve face à une abondance de dialogues, pour la plupart creux, et qui n’apporte rien à l’intrigue. Le problème majeur que révèle cette profusion de texte, c’est l’ambition que les développeurs ont déployée pour caser le plus de références à la pop culture possible. Si l’annonce était alléchante sur le papier, en réalité on frise l’overdose. L’aventure de Randal’s Monday est monopolisée par cette envie de nous faire plaisir, mais qui ne fait que nous noyer dans un torrent de longues tirades insipides. De plus, l’arbre des dialogues comprend plusieurs réponses qui, quel que soit le choix effectué, n’entraînent aucune conséquence sur la suite de l’aventure. Dommage quand on voit l’engouement qu’a suscité cette feature pour les jeux Telltale (Walking Dead en tête). Une revisite oui, mais peut-être que l’illusion d’influencer l’histoire aurait été le petit plus du point and click 2014.

 

Mais pour oser, il ose ?

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C’est d’autant plus dommage que la partie technique de Randal’s Monday ne souffre pas de soucis particuliers. Les doublages sont par exemple très réussis. Un soin énorme a été apporté à la partie sonore de l’expérience et ça se sent. Pour les initiés, sachez que c’est Jeff Anderson le génial employé de vidéo club dans Clerks : Les Employés modèlent, qui double Randal. Les morceaux choisis pour vous accompagner tout au long de l’aventure sont agréables et ne deviennent jamais entêtants. De même, au niveau des graphismes, le design cartoon fonctionne bien. Certaines animations (surtout les déplacements) souffrent d’un petit manque de naturel, mais on peut y voir la volonté de coller aux origines. Au niveau du gameplay, rien de révolutionnaire. À l’instar de quasi tous les points and click de la planète, vous pourrez ramasser des objets qui viendront s’ajouter à un inventaire, les combiner ensemble, et interagir avec des éléments du décor ou des personnages. On ne s’attardera pas sur la possibilité anecdotique de pouvoir choisir entre un mode de contrôle à « l’ancienne » (clic droit pour ouvrir le menu d’actions), ou « new school » (clic gauche pour effectuer une action, clic droit pour regarder). Là où le bât blesse, c’est que comme pour les dialogues, on est envahi par les références glissées partout à travers l’écran. Du coup, on se retrouve davantage à essayer de les relever en cliquant pour interagir avec, que de suivre la trame narrative.

 

indius-randls-monday-04Plus ça rate et plus on a de chance que ça marche

Tout cela pourrait passer s’il n’y avait pas le deuxième gros problème de ce Randal’s Monday. Les énigmes sont – pour la plupart – illogiques. Pas illogiques dans le bon sens du terme comme dans Day of the Tentacle, mais plutôt comme dans énervantes. Rien, mais vraiment rien, ne nous met sur la voie qui nous permettrait de comprendre la marche à suivre et ainsi d’essayer différentes combinaisons. Beaucoup de jeux nous ont habitué à sortir de notre logique conventionnelle pour résoudre leurs énigmes, mais là, c’est juste idiot. On se retrouve vite en train de cliquer partout, ou à essayer différentes combinaisons d’objets sans rapport les uns avec les autres. Pas de spoils pour ceux qui voudraient tout de même tenter l’aventure. Les développeurs ont dû se rendre compte de cette erreur durant les playtest car l’option « tuer un chaton » nous permet d’avoir accès à une solution complète (oui oui, complète) des énigmes. Le pire dans tout ça c’est que Randal’s Monday est quand même attachant et que l’on voudrait pouvoir lui laisser une chance. On sent que la démarche du studio est honnête. L’histoire est assez intrigante et loufoque pour que l’on cherche à en savoir plus, mais en toute franchise l’expérience devient pénible au bout de la première heure jouée. En définitive, Randal’s Monday aurait pu être un bon jeu.

L'avis de la Rédac

6

Nexus Game nous promettait de belles choses et a essayé. L'univers est sympathique et techniquement au point, mais l'équipe, à trop vouloir en donner, a perdu de vue qu'un jeu doit rester un jeu. Randal's Monday relève plus du musée de la pop culture des années 90/2000, que du Point and Click. Avis aux amateurs de visite interactive.

Les Plus Les Moins
  • De beaux graphismes façon cartoon
  • Une bande son bien travaillée
  • Une histoire intrigante...
  • dont on se moque passé la première heure
  • Des énigmes insolubles
  • Des références à la pop culture trop présentent
  • Beaucoup trop bavard
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