Rocket League

Ayant transformé l’essai en 2009 avec Supersonic Acrobatic Rocket-Powered Battle-Cars, les gars de Psyonix remettent ça avec un nouveau jeu intitulé, sobrement cette fois, Rocket League. Mêlant toujours petits bolides et grosse baballe, la mayonnaise semble prendre puisque le titre a récemment passé la barre des cinq millions de téléchargements, et rejoint le club assez privé de l’Electronic Sports League. Cependant, même les Ballon d’Or font parfois des erreurs.

 

Indius-RocketLeague01D’abord la roue avant-gauche, toujours

Le principe de Rocket League est très simple et peut se résumer en quelques lignes. Deux équipes de un à quatre joueurs s’affrontent dans une arène fermée, l’objectif étant de placer une balle géante dans le but adverse au volant d’une voiture. Inspirée des matchs de foot ou de rugby automobile bien réels ceux-là de l’émission anglaise Top Gear, l’idée de substituer des bolides à des joueurs humains dynamise fortement un concept pourtant simple. Déjà parce que c’est con, et que ça réveillera l’enfant de huit ans qui sommeille en chacun de nous, mais aussi pour les perspectives que cela ouvre. Les engins tous identiques en termes de caractéristiques sont capables de déraper, rouler sur les murs, reculer et d’effectuer toutes sortes de figures. Pour peu que l’on prenne le temps de ramasser les boosters répartis équitablement sur le terrain, il est même possible de parcourir ce dernier en un instant voire, après un saut bien exécuté, de voler sur plusieurs mètres pour marquer un point décisif.

Si le gameplay s’avère rapide à prendre en main, notamment grâce à un didacticiel efficace, il n’en est pas moins riche et complexe à maîtriser. Il faudra plusieurs heures de jeu pour commencer à faire autre chose que bêtement rouler après la balle, et encore plusieurs autres pour maîtriser certaines techniques avancées. Une courbe de progression que Rocket League vous aidera à appréhender grâce à un mode entraînement et surtout, via un système de récompenses en fonction des actions menées. Ainsi, victoire ou défaite, tir cadré ou dégagement vous rapporteront des points à chaque match, points qui vous permettront de passer des niveaux et débloquer divers objets cosmétiques pour personnaliser vos tutures. Une mécanique qui additionnée à des contrôles très efficaces (du moins avec un pad), poussera à enchaîner les parties pour débloquer toujours plus d’items et assimiler davantage les subtilités du titre.

 

VroumvroumzelasIndius-RocketLeague02

Car bien que le terrain des premières parties ressemble généralement à un chenil dans lequel on aurait lâché une balle, le jeu évolue rapidement vers un schéma d’attaque/contre-attaque frénétique où chacun tente de trouver sa place. Le gameplay parfaitement symétrique permet au talent des joueurs de s’exprimer pleinement, associé à une touche de chance. Gardien de but, latéral ou centre, autant de rôles temporaires qui se mettent en place au gré de l’action, et si le doigté ne suffit pas, la gestion des collisions permettra d’aller au contact, voire de détruire temporairement un joueur adverse un peu trop doué.

Avec son rythme de jeu effréné, ses parties de cinq minutes et son côté “Que le meilleur gagne”, Rocket League n’aura pas tardé à rejoindre le giron de l’e-sport. L’idée est loin de déplaire à ses géniteurs, ces derniers ayant clairement mis l’accent sur l’aspect compétitif du titre avec un système de matchs classés. Si cependant le jeu semblent déjà attirer les pires représentants du milieu MOBA avec un chat in-game tournant rapidement autour des mamans, peu de choses semblent avoir été faites en amont pour la compétition, particulièrement en équipe. Si il est possible de créer un groupe avec lequel jouer, il est impossible de créer une équipe permanente ni de choisir d’affronter uniquement d’autres équipes. De même, il existe bien un mode “saison” en solo, parfaitement oubliable, mais rien de tel en multijoueur. On aurait aimé pouvoir constituer une équipe de potes, la personnaliser avec couleurs, nom et emblème comme il est possible de le faire en mode saison et la voir grimper les classements. Malgré tout, Rocket League devrait ravir les amateurs de sport, de teamplay ou de concours de bistouquette. Ceux venus taper la balle en dilettante risquent par contre de décrocher ou se lasser.

 

Indius-RocketLeague03Shiny and chrome, mais pas plus

Il faut dire que le jeu se montre assez chiche pour le joueur ne cherchant pas uniquement à humilier son prochain sous les coups du sombrero. Un mode exhibition aussi anecdotique que le mode saison, des terrains tous identiques malgré quelques environnements variés et une grosse poignée de peintures, chapeaux (pour voitures, oui moi non plus je sais pas), roues et effets visuels. La direction artistique, elle, semble être partie en vacances mais le jeu propose malgré tout des graphismes très agréables. On retiendra la petite influence Hot Wheels sur le design des véhicules, bien sympa au moment de jouer à la poupée avec sa titine. Pour ce qui est du son, si l’ambiance des stades est réussie, la musique est à classer au rayon “électro sans sel”. On aurait aimé voir un peu plus de caractère côté artistique ainsi que des modes multijoueur un peu fun, avec des terrains accidentés ou en gravité zéro, davantage destinés à l’amusement qu’à la compétition. Cela dit, les développeurs semblent y réfléchir dans le cadre des matchs privés. Il ne faudrait guère plus à Rocket League pour grimper de la division « bon jeu e-sport » à celle de « bon jeu tout court ».

L'avis de la Rédac

7

Rocket League est un très bon jeu compétitif, addictif et au gameplay riche, qu'on ne pourra que vous conseiller d’expérimenter avec quelques amis. Cependant, cette richesse ne se retrouve ni dans l’esthétique du titre, ni dans son mode solo. Des défauts pouvant lasser rapidement les joueurs n’appréciant guère l’ambiance de vestiaire sentant la chaussette des jeux e-sport. Un matchmaking parfois douteux risque aussi de doucher les plus frileux. On conseillera aux indécis d’attendre une petite promo de mi-saison.

Les Plus Les Moins
  • Gameplay profond
  • Rapide à prendre en main
  • Mignon graphiquement
  • Addictif
  • Agréablement régressif
  • Absence de compétition par équipe
  • Matchmaking parfois aléatoire
  • Solo inconsistant
  • Direction artistique peu inspirée
  • Pas de Renault Fuego
Mi-homme, mi-Fuego, le Sergent Cule est un organisme vivant composé à 60% de Guinness, 40% de chips et 10% d'autres trucs divers un peu dégueus. Notre spécimen aime visionner Top Gear en slip, les LEGO et parfois écrire sur, au pif, les jeux vidéos.