Space Run

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Le petit Space Run s’était montré à nous en août dernier, lors de la Gamescom. Son développeur Sylvain Passot, père de famille lyonnais travaillant dans l’industrie du jeu vidéo depuis près de 10 ans, nous présentait un jeu original et novateur, mêlant course et tower-defense en ce qui était encore un prototype assez faiblard et avare en mécaniques de jeux, mais qui nous intéressait déjà fortement. Nous vous avions manifesté notre engouement pour le projet, avant que le jeu de Passtech Games (studio indépendant créé par Sylvain) bénéficie du soutien de Focus, un éditeur majeur qui avait approché le jeune créateur. Tout s’est alors accéléré et les communiqués se multipliaient, alors que le développement du jeu continuait tranquillement. Aujourd’hui, près d’un an après tout cela, Space Run est bel et bien sorti en version finale. Qu’est-ce que ça donne ?

 

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Allo ? C’est pour commander, merci

Le pitch du jeu vous sera présenté dès le début de l’aventure à travers des phases de dialogue entre Buck Mann, notre héros, et un autre personnage dont l’identité sera déclinée quelques instants plus tard. Nous nous trouvons en 2525 dans une société alternative où l’Humanité a outrepassé les frontières de notre bonne vieille Planète Bleue et où l’Espace est un territoire familier. Seulement, aussi connue soit-elle, la galaxie est toujours aussi menaçante. Constamment sujette à des traversées de dangereux astéroïdes, elle s’est également vue prise d’assaut par des pirates qui rôdent entre les planètes pour intercepter les vaisseaux civils et commerciaux. C’est là que Buck, qui ne crache jamais sur une compensation financière intervient. En tant que Space Runner très doué, c’est à lui que les différentes sociétés font appel pour transporter leurs biens en toute sécurité à travers les astres. Accompagné de son fidèle vaisseau, il devra braver les menaces spatiales pour mener à bien toutes ses livraisons et remplir des contrats de plus en plus dangereux… le plus rapidement possible afin de récolter un maximum d’argent et de réputation.

 

Du tower defense sans tower

Indius-Space-Run-3Il n’y a donc pas que Jason Statham qui fasse dans la livraison à grande vitesse. Buck Mann et ses folles virées spatiales font certes de Space Run un jeu de course, mais il s’agit avant tout d’un tower-defense. Deux objectifs sont donc constamment et habilement mêlés : la vitesse et la défense. Le jeu s’écarte déjà des standards existants par le simple mélange de deux genres qui semblent de prime abord radicalement opposés, ce qui amène nécessairement des mécaniques de jeu assez surprenantes, telles que l’absence de terrain à proprement parler. Dans Space Run, vous suivez le déplacement horizontal d’un vaisseau partant d’un point A et attendu à un point B en un seul morceau. Sur son dos traînent différentes marchandises ou biens de haute importance, c’est pourquoi il est vital d’armer et améliorer continuellement une zone de jeu qui n’a rien de ce que l’on pourrait voir dans un tower-defense classique. Ici, le terrain de jeu bouge et les ennemis convergent vers votre vaisseau avec pour seul but… sa destruction.

 

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Marchandises ou flingues

C’est là que la phase de construction, obligatoire avant chaque niveau, prend toute son importance. Vous y placerez les marchandises sur votre vaisseau, celui-ci étant composé de tuiles hexagonales destructibles. Directement inspirée des LEGO, cette étape sera votre plus grande alliée, dans un gameplay forçant à l’adaptabilité et à la vitesse d’exécution. C’est en effet votre seul moment de répit, où vous pourrez vous adonner sans gêne aux joies de la planification et de l’organisation, chacune des marchandises que vous pourrez transporter au fil de l’aventure ayant une taille et une résistance propre. À vous de prévoir où disposer les réacteurs, les boucliers, les tourelles et les marchandises, en tentant de limiter la casse, puisqu’un tir de trop sur votre cockpit ou sur les marchandises peut s’avérer fatal.

 

Choisi ta mort

Indius-Space-Run-5Le tutoriel étant assez bien conçu, vous serez rapidement projeté dans l’aventure, aussi difficile soit-elle. Le challenge proposé par Space Run réside dans le fait qu’il faille toujours choisir entre l’équilibre vitesse/défense, ou la mise en avant de l’un ou de l’autre… au risque de perdre beaucoup. En bas à droite de l’écran, un graphique vous indique en permanence votre position relativement aux quelques autres livreurs que vous affrontez, sachant que c’est le vaisseau qui arrivera en premier qui sera évidemment le mieux récompensé. Comme si la course n’était pas déjà assez exigeante, ennemis et astéroïdes déferleront sur vous durant vos livraisons, et seront signalés à l’écran par des icônes de différents types et couleurs. Attention, les ennemis arrivent de tous les côtés, alors gare à la casse ! Il faut être armé jusqu’aux dents pour espérer s’en sortir en un seul morceau, et utiliser intelligemment les boulons lâchés par les ennemis tués pour améliorer son arsenal.

 

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Death from above

Et garder les marchandises tout en tentant d’arriver le premier, ce n’est pas de tout repos. La difficulté est croissante dans Space Run, et on se surprend souvent à recommencer plusieurs fois un même niveau afin d’en connaître précisément le déroulement et ainsi réussir à prévoir les arrivées ennemies. Si dans les premiers niveaux, celle-ci ne se fera pas vraiment ressentir, c’est au bout d’une petite heure de jeu que vous assimilerez les automatismes nécessaires au bon déroulement d’une mission. Au fur et à mesure que vous débloquerez des niveaux à l’aide de la réputation engrangée dans les précédents, les ennemis arriveront de plus en plus nombreux et puissants, d’où l’importance du garage, qui propose de nouvelles armes et équipements à placer sur votre vaisseau, moyennant le précieux argent spatial récolté à la fin de chaque mission. La difficulté est croissante au départ, mais a tendance à se stabiliser assez brusquement à un niveau assez élevé qui peut effrayer les moins téméraires. Persévérance est mère des vertus lors de phases de jeu exigeantes et riches, mais parfois pas toujours équilibrées.

 

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Un titre de fou

La traduction des informations et des données à l’écran se fait très simplement, et il est assez facile d’avoir les yeux partout. Cette simplicité se ressent également dans les sons, peu nombreux mais très bien choisis pour faire passer des messages clairs à travers les différentes interactions en jeu. Tout cela est sublimé par une bande-son orchestrale de qualité, des décors variés et des modèles 3D très corrects. Les dialogues entre les missions viendront ajouter de la profondeur à l’expérience, par le moyen d’une poignée de personnages tous plus stéréotypés les uns que les autres (industriel, magnat des affaires, criminel…), chacun ayant sa propre marchandise et un humour vaseux qui colle parfaitement à l’esprit décalé du jeu et aux quelques références culturelles que l’on peut y trouver. Tout ça pour dire que Space Run, c’est un jeu indépendant, mais avant tout un produit fini et poli, très « pro » et qui en dépit de ses rares lacunes techniques (paramétrage sonore parfois hasardeux) et d’un gameplay qui peine parfois à s’équilibrer, vous fera passer un excellent moment durant lequel vous aurez certainement du mal à lâcher votre ordinateur.

L'avis de la Rédac

8

Addictif, simple et entraînant, Space Run a tout pour vous faire passer un excellent moment, que l'on aurait cependant aimé savourer un peu plus longtemps. Son gameplay original ravira les amateurs de tower-defense et de tactique rapide, d'autant que tout est dans l'ensemble, assez bien réalisé. Une indubitable réussite pour le premier jeu du studio Passtech Games.

Les Plus Les Moins
  • Extrêmement addictif
  • Très plaisant à l’œil
  • Ergonomie au top
  • Un doublage intégral
  • Difficulté bien présente...
  • ... mas peut-être trop pour certains
  • Un peu trop court
  • Léger manque de lisibilité
Dans la vie, je m'ennuie. Du coup, j'écris des bêtises sur des jeux qui n'intéressent personne. Pour suivre mes aventures, ça se passe sur Twitter. Tu peux boire mes paroles, mais évite de t'étouffer.