The Binding Of Isaac : Rebirth

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Après pas moins de deux ans d’attente, le remake tant attendu de celui que l’on peut considérer comme le « père des rogue-like modernes » est de sortie ! The Binding Of Isaac : Rebirth amène tout un flot de nouveautés qui vont bien au-delà de la simple refonte graphique. Le studio Nicalis s’est en effet permis d’apporter quelques nouvelles mécaniques de gameplay qui, comme nous allons le voir, changent la donne. 

 

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Vous avez dit Remake ?

Si vous êtes restés dans une grotte ces trois dernières années, vous avez dû manquer l’immanquable. En effet, en septembre 2011, alors que McMillen sortait son nouveau jeu The Binding Of Isaac, c’est le genre du rogue-like qui s’est vu remettre au goût du jour. En partant d’un principe simple qui consiste à incarner un personnage qui se verra progresser dans des donjons constitués de salles, d’objets et d’ennemis générés aléatoirement jusqu’à arriver devant le boss final, Edmund McMillen avait réussi son coup. Entre les plusieurs centaines d’objets, les dizaines de boss d’ennemis et la quinzaine de fins alternatives, il y avait de quoi tout plaquer dans votre vie si vous vouliez tout voir et tout débloquer. Alors quand l’annonce d’un remake s’est profilée à l’horizon, nous étions en droit d’attendre un jeu au contenu encore plus riche. Les p’tits gars de chez Nicalis ont-ils réussi leur coup avec The Binding Of Isaac : Rebirth ?

 

Des larmes et du sang

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Les nouveautés se font ressentir dès le menu principal car oui, il est maintenant possible de sauvegarder sur trois emplacements différents sa progression dans le jeu. Si votre mère ou votre chat ne s’étaient pas encore adonné aux joies du rogue-like et de la mort à répétition dans un jeu vidéoludique, c’est le moment ! Second constat, pas moins de quatre nouveaux personnages ont été ajoutés dans cette nouvelle version, ce qui amène le total à onze personnages dont neuf déblocables et ayant chacun leurs propres objectifs si vous tenez à tout débloquer. Notez la présence d’un mode multijoueur local coopératif permettant à un deuxième joueur d’incarner l’un des nouveaux familiers, dont certains pourront être débloqués au fil du jeu. L’arrivée d’un tel mode est intéressant, mais un peu anecdotique pour le joueur 2 qui disparaît aussi vite qu’il apparaît. Son intérêt dans la partie est parfois assez discutable. Sur l’écran de sélection de personnage toujours, vous pouvez désormais choisir entre deux niveaux de difficultés, « Normal » et « Hard ». On sent donc ici la volonté des développeurs à viser un nouveau public pas forcément rôdé aux jeux hardcore du genre, mais aussi les vieux de la vieille, ceux qui jouent encore au premier opus sans les mains et avec un bandeau sur les yeux. Cependant, là où le bât blesse, c’est que ce mode « Hard » ne rend pas réellement le jeu plus compliqué : en effet, il n’ajoute ni nouveaux ennemis, ni nouveaux patterns. Il se contentera d’enlever la récompense que vous obtenez en général lorsque vous nettoyez une salle, souvent une clé, une pièce ou un cœur. Pour en revenir à l’écran des personnages, la principale nouveauté se situe au niveau du système de seed. Ce nouveau concept ravira les plus petits comme les plus grands et consiste à générer un code lorsque vous faites une run. Si vous avez aimé votre run pour telle ou telle raison, vous pouvez noter ce code et l’envoyer à vos amis ou même l’utiliser vous même pour avoir accès à la run exacte que vous venez de faire, avec la même disposition des salles et les mêmes objets et ennemis. On soupçonne donc aussi ici une volonté de rendre le speedrun dans The Binding Of Isaac : Rebirth moins aléatoire. Cependant, il est bon de noter qu’une partie « seedée » ne permettra pas de débloquer des nouveaux objets ou personnages, attention donc à ne pas en abuser.

 

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Le Freak Show du futur

En ce qui concerne le déroulement du jeu en revanche, rien n’a changé à part un petit détail qui n’est pas des moindres. La taille des salles. En effet, celle-ci est désormais elle aussi générée aléatoirement, et n’est plus fixe comme elle l’était dans le précédent opus. Vous parcourrez maintenant des salles pouvant faire jusqu’à la superficie de quatre salles dites « normales ». Concrètement, il n’y a que trois types de  grandes salles différentes, mais cela ajoute un petit plus au gameplay non négligeable. Ce dernier se voit d’ailleurs grandement amélioré grâce à la gestion des combos entre les objets. Cette dernière était déjà présente dans la version originale, mais quasiment tous les objets synergisent désormais plus ou moins bien et un grand nombre de combinaisons sont possibles, donnant au titre une rejouabilité non négligeable, bien que l’on puisse s’interroger sur la pertinence de certains combos rendant la difficulté du jeu triviale. Il n’y a cependant pas mesure de s’inquiéter, cette dernière ayant été revue pour être nivelée de manière plus progressive. Ainsi, si au début The Binding Of Isaac : Rebirth reste assez simple, il deviendra de plus en plus dur au fil des parties et ce jusqu’à devenir bien plus compliqué que son prédécesseur – notamment au niveau de certains boss. Côté musical, le groupe Ridiculon (à qui l’on doit la bande-son de Mew-Genics) fait toujours aussi bien son travail et nous propose dans The Binding Of Isaac : Rebirth une bande sonore de qualité, bien qu’assez inégale – bande son qui ne plaira cependant pas à tout le monde, car assez différente de celle du premier opus qui était déjà très bonne, bien que probablement trop proche de celle de Super Meat Boy. Certains morceaux finiront par paraître redondants, tandis que d’autres seront toujours les bienvenus pour vos petites oreilles chastes entre deux massacres.

 

Rebirth… Reborn?

indius-The-Binding-Of-Isaac-Rebirth-8Au niveau de la durée de vie du titre, vous aurez compris qu’il y a de quoi faire et que la rejouabilité est énorme tant vous serez vite atteints du syndrôme du « Bon allez, une dernière partie et j’arrête » qui vous fera jouer bien plus longtemps que prévu. De plus, pour les amateurs de défis en tout genres, les challenges ne sont désormais plus au nombre de dix mais de vingt ! Ils consistent la plupart du temps à finir le jeu avec des conditions précises, comme faire toute une partie dans le noir quasi complet ou avec pour unique arme un haricot qui vous donne des gaz et des bombes. Sachez également qu’à chaque partie que vous ferez, vous débloquerez de nouveaux objets, de nouveaux boss, voire même de nouveaux étages qui auront une chance d’apparaître lors de vos prochaines runs, ce qui réduit grandement la répétitivité qu’aurait pu avoir le level design du jeu dans le cas inverse. Autrement dit, dans The Binding Of Isaac : Rebirth tout est fait pour vous inciter à retourner massacrer des monstres dans l’espoir d’obtenir des combos d’objets délirants, afin d’affronter des boss plus épiques les uns que les autres.

L'avis de la Rédac

8

Edmund McMillen et Nicalis ont su améliorer et pousser à son paroxysme le concept du Rogue-like. Le level-design est nettement plus intéressant que celui du précédent opus, et le jeu a été enrichi de mécaniques qui renouvellent le jeu sans le dénaturer. Si vous avez envie de passer vos nuits entières dans un univers unique mêlant déjections et flaques de sang, n'hésitez plus - même si à l'heure actuelle le prix auquel il est facturé (une quinzaine d'euros) pourra encore en rebuter certains.

Les Plus Les Moins
  • Un contenu considérablement enrichi
  • Le level-design bien plus intéressant
  • Les combos d'objets jouissifs
  • La rejouabilité
  • Les nouveaux patterns
  • La courbe de difficulté plus progressive
  • Bande son inégale
  • Mode coopératif anecdotique