This War of Mine

Indius-This-War-of-Mine-ba

Après deux ans de développement, This War of Mine, le dernier-né de 11 Bit Studios est enfin de sortie sur PC, Mac et Linux. Le studio polonais a réussi, avec un teasing efficace, à créer un noyau d’irréductibles impatients curieux de découvrir ce qui se cache derrière les sombres vidéos diffusées jusqu’à présent. Nous avions pu y toucher en septembre dernier dans le cadre d’un premier aperçu mais c’est aujourd’hui la version finale qui se laisse essayer. Ne baissons pas les armes, le calvaire est loin d’être terminé.

 

indius-This-War-of-Mine-1

C’est pas ma guerre

D’entrée de jeu, c’est pas très enchanteur. Le cadre décrit est celui d’un conflit armé moderne d’une rare intensité. Les populations sont livrées à elles-mêmes dans une cité ravagée par les bombardements et les fusillades, où la douce chaleur du soleil n’est qu’un lointain souvenir. Dans This War of Mine, c’est sombre, c’est violent et c’est moche : l’objectif de 11 Bit était de retranscrire dans un jeu vidéo les horreurs de la guerre, loin des clichés bourrés aux hormones faisant une fois de plus s’opposer les États-Unis à une faction belliqueuse d’Ouzbékistan piochée au hasard. Mention spéciale au style graphique du soft, qui aura vite fait de vous faire tirer une tronche de dépressif devant votre écran. Les quelques couleurs susceptibles de vous redonner le sourire se comptent sur les doigts d’une main. Ici, ce sont les populations qui sont au coeur du combat. Les éternels oubliés. Forcément, l’aventure est loin d’être une promenade de santé puisque, comme dans tout jeu de survie relativement classique, les ressources manquent. Aux commandes d’un petit groupe de civils cloisonnés dans un abri à moitié en ruines, le joueur est garant de leur survie. C’est lui qui devra leur donner des ordres et choisir de slalomer entre les balles le jour… ou de s’exposer aux bandits la nuit.

 

« One day at a time… »

Indius-This-War-of-Mine-2Une boucle de jeu ressort au bout de quelques minutes, régie par le cycle/jour nuit imposé au joueur. Le jour, il est impossible aux survivants de sortir dans la rue sous peine de se faire instantanément tuer. C’est donc durant ces quelques heures d’éclaircie qu’il faudra gérer son abri, nourrir les membres de son groupe, les soigner et fabriquer de quoi évoluer au quotidien. Les interactions avec le décor se font très simplement, à l’aide de la souris dans un environnement en « 2.5D » (la fameuse zone d’incertitude qui sépare nos bons gros pixels rétro des explosions Full HD 4K du dernier Battle of Duty). Quelques variables sont à prendre en compte, les deux plus importantes étant l’heure et la température. Par exemple, s’il fait trop froid, les personnages commenceront à mourir de froid. Il est donc vital de fortifier et de faire évoluer ce hub avant que la nuit ne tombe. On le remarque très rapidement : dans This War of Minele monde ne fera qu’une bouchée de vos survivants s’ils sont mal préparés.

 

Indius-This-War-of-Mine-3

Douce nuit

Si la journée fait office de temps mort, c’est la nuit que les choses se corsent considérablement. En effet, sans cette phase de jeu majeure, il est impossible de récupérer de quoi entretenir son groupe. L’objectif étant de survivre le plus longtemps possible, tout cela semble bien compromis. Le style de jeu à la The Sims laisse alors place à quelque chose de bien plus direct (comme a pu le faire Deadlight). Après avoir choisi attentivement un endroit à visiter sur une carte de la ville et décidé quel survivant allait partir en expédition (les autres pouvant dormir ou monter la garde dans l’abri), le joueur se retrouve propulsé dans un nouveau lieu. La vigilance est de mise, surtout dans les endroits contenant des ressources très prisées. Des événements semi-aléatoires (seul leur placement est procédural) ponctuent les phases d’expédition et rendent parfois l’exploration plus haletante qu’une fin de saison de The Walking Dead. Durant la douzaine d’heures gracieusement offertes au joueur, celui-ci devra alors récolter ce dont il a besoin en s’infiltrant, en fouillant ou en utilisant la manière forte s’il en a l’envie et l’opportunité (les armes sont d’une étonnante rareté). Le comportement des potentiels ennemis à la vue du fouineur que vous êtes est imprévisible, certains essaieront de vous zigouiller alors que les plus faibles iront se cacher. A vous de décider par où entrer, à qui parler, quelle pièce fouiller et surtout à quel moment repartir. Même si le bouton « Run to the exit » orne l’ATH, rien ne garantit la survie du personnage pendant sa folle course vers la sortie.

 

Indius-This-War-of-Mine-4

La loi du plus fort

Et c’est finalement là que This War of Mine brille : dans les choix. Le plus gros du jeu repose sur les décisions que doit prendre le joueur pour faire survivre les siens. Les événements aléatoires (un survivant qui frappe à votre porte, un groupe de bandits qui vous braque pendant la nuit…) amènent avec eux des états d’esprits et des altérations dans la personnalité des différents protagonistes, dont on pourra analyser les pensées via un onglet Biographie. Et tout peut aller très vite. Admettons qu’un membre de votre groupe soit blessé. En récupérant des bandages avec un autre personnage, vous tuez deux innocents qui bloquaient votre chemin. Avec un peu de chance, une fois rentré, le deuxième survivant aura les boules pendant deux jours et ira rapidement de l’avant. Sinon (et c’est souvent ce qui arrive), il pourra aller jusqu’à se suicider par culpabilité, mettant les autres membres du groupe en danger et les rendant terriblement tristes. Les dilemmes sont cruciaux dans This War of Mine et apportent au jeu une profondeur très plaisante mettant le joueur au coeur d’un conflit extérieur, mais aussi intérieur. Malheureusement, on a rapidement fait le tour des quelques événements aléatoires susceptibles de nous tomber dessus et tout devient très vite une histoire de chiffres. Davantage de situations de jeu auraient pu faire de This War of Mine un jeu de survie encore plus vivant.

 

L'avis de la Rédac

8

This War of Mine nous rappelle que l'on n'a pas forcément besoin de zombies pour faire un bon jeu de survie post-apocalyptique. Très prenant, il implique le joueur dans un conflit qui le dépasse et le force à faire des choix pas toujours agréables. Son gameplay original croise les genres et ravira les amateurs d'aventure et d'inconnu... pendant une dizaine d'heures, le temps de connaître par coeur les événements scriptés et de tourner en rond. Agréable, exigeant, mais un peu creux à la longue.

Les Plus Les Moins
  • L'ambiance sombre
  • Les dilemmes
  • Pas tendre avec le joueur
  • On a vite fait le tour
Dans la vie, je m'ennuie. Du coup, j'écris des bêtises sur des jeux qui n'intéressent personne. Pour suivre mes aventures, ça se passe sur Twitter. Tu peux boire mes paroles, mais évite de t'étouffer.